- Chasse, animaux à égorger et ce qu'on doit en manger -
La chasse avec des chiens dressés
3560. 'Adiyy Ibn Hâtim (رضي الله عنه) a dit : "Ô Envoyé d'Allâh, j'avais lancé mon chien dressé en prononçant le nom d'Allâh". - "Si, me répondit-il, tu lances ton chien dressé en invoquant Allâh, mange le gibier". - "Même s'ils (les chiens dressés) l'ont tué?". - "Même s'ils l'ont tué. Mais si tu trouves avec ton chien, un chien étranger n'en mange pas". - "Et si je lance mon épieu?". - "Mange le gibier qui aura été percé par l'épieu. Quant à celui qui aura été atteint par le travers de l'arme ne le mange pas".
3567. Récit de Abou Tha'laba Al-Khuchanî (رضي الله عنه) : Je vins trouver l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) et lui dis : "Ô Envoyé d'Allâh, nous habitons un pays appartenant aux gens du Livre et nous mangeons dans leurs vases; la contrée que j'habite est giboyeuse; j'y chasse à l'arc et j'y chasse avec un chien dressé et avec un autre qui ne l'est pas. Dis-moi ce qu'il nous est permis de faire en ces cas". - "Pour ce qui est, me répondit-il, du fait d'être dans un pays appartenant aux gens du Livre et de manger dans leurs vases, si vous trouvez d'autres vases que ceux dont ils se servent, ne mangez pas dans leurs vases; mais si vous n'en trouvez pas, lavez ces vases, servez-vous-en pour manger. Quant à la question du pays giboyeux, chasse-y avec ton arc en invoquant le nom d'Allâh et mange le gibier ainsi tué. Si tu chasses avec ton chien dressé en invoquant le nom d'Allâh, mange également le gibier qu'il prendra. Si tu chasses avec ton chien non dressé et que tu arrives à temps pour égorger la pièce de gibier selon les rites, mange-la".
Le gibier retrouvé après sa chasse
3568. D'après Abou Tha'laba (qu'Allâh soit satisfait lui), le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : "Si tu lances ta flèche pour chasser un gibier et que tu perds sa trace pour le retrouver dans la suite, manges-le à moins qu'il ne soit putréfié".
Interdiction de manger les animaux carnassiers et les oiseaux aux serres
3570. D'après Abou Tha'laba (رضي الله عنه), l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) a défendu de manger la chair des animaux carnassiers.
Permission de manger les animaux de mer
3576. Jâbir (رضي الله عنه) a dit : L'Envoyé d'Allâh nous envoya avec, en tête, Abou 'Ubayda, intercepter une caravane des Qoraychites, et nous donna pour toute provision une besace de dattes. Abou 'Ubayda nous distribuait ces dattes, une à une. Un homme demanda : "Comment les mangiez-vous?". Et Jâbir de répondre : "Nous les sucions de la même manière qu'un nourrisson tête (le sein de sa mère), puis nous buvions de l'eau ensuite et cela nous suffisait toute une journée. Nous cueillions aussi les feuilles d'arbres que nous humections d'eau pour les manger. Nous partîmes vers la côte et il nous sembla voir sur le rivage comme un petit monticule de sable. Nous nous approchâmes et nous trouvâmes un grand mammifère marin connue sous le nom de cachalot". Abou 'Ubayda s'écria : "Un animal mort à manger? Non; nous sommes les messagers de l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم). Nous faisons une expédition dans le sentier d'Allâh. Mais puisque nous sommes cont
raints mangez-en". Nous restâmes un mois à consommer la chair de ce cachalot, à savoir que nous étions trois cents hommes et nous finîmes par s'engraisser. Je nous revois en train de puiser de la graisse de son œil dans des jarres et de couper dans sa chaire des morceaux de l'énormité d'un bouquetin. Abou 'Ubayda fit installer treize hommes dans le creux de son œil et prit l'une de ses côtes et la fit dresser (comme un arc); puis fit passer dessous le plus grand chameau que nous avions, après l'avoir surchargé de bagages. Enfin, nous prîmes de sa viande après l'avoir coupée en tranches et séchée. Lorsque nous retournâmes à Médine, nous mîmes l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) au courant de l'événement et il nous répondit : "C'est une nourriture qu'Allâh vous a accordée. Avez-vous encore de cette viande pour nous donner à manger?".
Nous apportâmes à l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) de cette viande et il en mangea.
Interdiction de manger la chair des ânes domestiques
3582. Abou Tha'laba (رضي الله عنه) a dit : "Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a interdit la consommation de la chair des ânes domestiques".
3583. D'après Ibn 'Omar (رضي الله عنهما) a dit : "L'Envoyé de Allâh (صلى الله عليه و سلم) défendit la consommation de la chair des ânes domestiques".
3585. Ach-Chaybânî a dit : J'ai interrogé 'Abdoullâh Ibn 'Abî 'Awfâ sur la consommation de la chair des ânes domestiques. Alors, il dit : Nous souffrîmes de la faim au jour de Khaybar, pendant que nous étions en compagnie du Prophète (صلى الله عليه و سلم). Or, ayant capturé des ânes domestiques, nous les égorgeâmes. Alors que nos marmites bouillaient, le héraut de l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) vint crier "Renversez les marmites! Et ne mangez pas de la chair des ânes domestiques". Je dis : "L'interdiction était absolue! Qu'est-ce qu'il a dit?". - "Nous avons discuté entre nous et certains ont dit : Le Prophète prononça une interdiction absolue et d'autres ont vu qu'il les avait interdits jusqu'à ce que les fidèles rendent le quint au Trésor Public".
3591. Ibn 'Abbâs (رضي الله عنهما) a dit : "Je ne sais si l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) a interdit la consommation de la chair des ânes domestiques, parce qu'ils servaient de monture aux fidèles et qu'il n'aimait pas voir disparaître ces montures, ou si, le jour de Khaybar, il interdit (d'une façon absolue) la consommation de la chair des ânes domestiques".
3592. Salama Ibn Al-'Akwa' (رضي الله عنه) a dit : Nous partîmes avec le Prophète (صلى الله عليه و سلم) pour Khaybar et Allâh nous accorda la victoire. La nuit, les gens allumèrent un grand feu. Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) demanda alors : "Quel est ce feu? Pourquoi l'avez-vous allumé?". Et les compagnons de répondre : "Pour faire cuir de la viande". - "Mais quelle viande?", demanda-t-il. - "Celle des ânes domestiques". Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) s'écria alors : "Versez-le contenu des vases et cassez-les". Un homme demanda : "Ô Envoyé d'Allâh! Pouvons-nous verser le contenu des vases et les laver (seulement)". Et le Prophète donna son approbation.
3593. Récit de Anas (رضي الله عنه) : Quand le Prophète conquit Khaybar, nous chassâmes des ânes sortant du village. Sur ce, nous en avions cuisiné. Mais un héraut du Prophète (صلى الله عليه و سلم) se mit à crier : "Allâh et Son Envoyé vous interdisent la consommation de la chair des ânes domestiques, parce qu'elle est abomination, œuvre du diable". Alors on renversa le contenu des marmites au moment où elles étaient en pleine ébullition et remplies de viande.
La chair des chevaux
3595. Récit de Jâbir Ibn 'Abdoullâh (رضي الله عنهما) : Pendant l'expédition de Khaybar, l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) défendit la consommation de la chair des ânes et toléra celle de la viande des chevaux.
3597. Asma (رضي الله عنها) a dit : "Nous égorgeâmes un cheval du vivant du Prophète (صلى الله عليه و سلم) et nous le mangeâmes".
La chair du lézard
3598. D'après Ibn 'Omar (رضي الله عنهما) : Interrogé au sujet du lézard, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) répondit : "Ni je le mange, ni n'interdis sa consommation".
3603. Récit de Khâlid Ibn Al-Walîd (رضي الله عنه), étant entré avec l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) chez Maymûna, femme du Prophète (صلى الله عليه و سلم) et la tante maternelle de Khâlid Ibn Al-Walîd et d'Ibn 'Abbâs, il trouva chez elle un lézard rôti, que sa sœur Hufayda bint Al-Hârith lui avait apporté du Nedjd. Elle en offrit à l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم), mais, comme il était rare qu'il tendit la main pour manger d'un mets avant qu'on ne lui en eût parlé et dit le nom, aussitôt qu'il étendit la main, les femmes présentes l'avisèrent de la nature du mets qu'on lui présenta en lui disant : "C'est du lézard, ô Envoyé d'Allâh". Immédiatement, l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) écarta sa main. - "Le lézard est-il donc un mets illicite? ô Envoyé d'Allâh!", demanda Khâlid Ibn Al-Walîd. - "Non, répondit le Prophète; mais comme il n'y en a pas dans mon pays natal, j'éprouve de la répugnance à en manger". - "Alors, ajoute Khâlid, je découpai l'animal et en mangeai devant l'Envoyé d'Allâh qui me regardait sans me le défendre".
3604. Ibn 'Abbâs (رضي الله عنهما) a dit : 'Umm Hufayd, ma tante maternelle offrit au Prophète (صلى الله عليه و سلم) du beurre, du fromage et des lézards. Il mangea du beurre et du fromage et ne goûta pas au lézard qu'il en répugna. Il ajouta : "On mangea du lézard à la table de l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم). Si le lézard avait été interdit, on n'en aurait pas mangé à la table de l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم)".
Les sauterelles
3610. 'Abdoullâh Ibn 'Abî 'Awfâ (رضي الله عنه) a dit : "Nous fîmes avec le Prophète (صلى الله عليه و سلم) sept expéditions au cours desquelles nous mangeâmes des sauterelles".
Les lièvres
3611. Anas Ibn Mâlik (رضي الله عنه) a dit : "Nous partîmes à la chasse d'un lièvre à Marr Az-Zahrân. Les gens se mirent à sa poursuite, mais se lassèrent et ce fut moi qui l'atteignis. Je le pris et l'apportai à Abou Talha qui l'égorgea et expédia à l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) sa hanche et ses deux cuisses. Quand j'allai les offrir à l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم), il les accepta".
Différentes manières de chasser et répugnance de lancer des cailloux
3612. D'après Abou Burayda, 'Abdoullâh Ibn Al-Mughaffal vit un homme de ses amis lancer des cailloux avec ses doigts et lui dit : "Ne fais plus cela, car l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) interdisait de le faire, selon une variante, cela lui déplaisait". "Cela, ajouta-t-il, ne sert ni à capturer un gibier, ni à nuire à l'ennemi, mais il risque de casser une dent à quelqu'un ou de lui crever l'œil". Par la suite, ayant vu de nouveau ce même individu lancer des cailloux, 'Abdoullâh lui répéta ces mêmes propos : "Ne t'avais-je pas rapporté que l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) avait interdit le jet des cailloux ou tout au moins déclaré que cela lui déplaisait? Puisque tu recommences après cela je ne t'adresserai plus parole pendant telle et telle période".
Interdiction de retenir les bêtes
3616. Anas Ibn Mâlik (رضي الله عنه) a dit : "Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) défendit de détenir les bêtes et d'en faire la cible des flèches ou autres".
3618. D'après Ibn 'Omar (رضي الله عنهما), Ibn 'Omar passa par des gens qui attachaient une poule pour s'en servir de cible. Quand ils le virent, ils séparèrent et s'éloignèrent de la poule. Alors Ibn 'Omar demanda : "Qui est ce qui a fait ceci? Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a maudit quiconque fait autant".