Le bien des innovateurs

Publié le par FM

 

A chaque fois, c’est la même chose. Dès que nous publions un avertissement des savants contre un groupe ou une personne, on nous écrit pour nous dire de craindre Allah, de ne pas diviser la communauté, et que nous ne sommes pas mieux qu’eux. Nous rappelons que nous ne faisons que traduire, ce n’est donc pas notre avis, mais celui des savants, et ces mises en garde reposent sur des faits, des preuves que bizarrement ces frères et sœurs ne veulent pas voir.

Il est étonnant de constater combien on peut être aveuglé et ne pas voir les erreurs de ces prêcheurs.

Abdullah ibn ‘Abbas a dit aux khawarij : « Ne voyez-vous pas qu’il n’y a aucun compagnon parmi vous ? », de même nous disons à tous ceux qui soutiennent tous ces groupes innovés et ces égarés : « ne voyez-vous pas qu’il n’y a aucun savant avec vous ? ».

 

On nous dit aussi qu’il ne faut pas les critiquer et qu’ils sont la cause de beaucoup de bien, par exemple pour ‘Amr Khalid,  ils prétendent que beaucoup de sœurs ont mis le voile par sa cause (et combien de frères ont laissé pousser la moustache ?), ou bien que tabligh fait rentrer des gens dans la religion.

Nombreux sont ceux qui pensent que ce « bien » apparent justifie que l’on ne dise rien sur eux, nombreux sont ceux qui pensent avoir une « dette » envers le tabligh ou tout autre groupe qui leur a fait découvrir la religion.

Shaikh Al-Islam ibn Taymia répond à cette ambiguïté et nous montre qu’on ne peut pas utiliser tous les moyens pour arriver à un objectif, et qu’il ne suffit pas qu’il ait un « bien » apparent pour justifier une innovation.

 

On a interrogé Shaikh Al-Islam Ibn Taymia, le grand savant de l’époque,  à propos  d’un groupe qui se réunissait pour commettre des grands péchés : tuer, détrousser les voyageurs, voler, boire de l’alcool, et d’autre péchés encore. Puis, un shaikh connu pour son bien et son suivi de la Sunna, a voulu les empêcher (de commettre ces péchés), mais il ne pouvait le faire qu’en les réunissant autour d’un duff (tambour sans grelots), en chantant des poésies licites et sans flûtes.

Après cela, une partie d’entre eux se repentit et ainsi celui qui ne priait pas, volait et ne donnait pas l’aumône, s’écartait désormais de ces ambiguïtés, accomplissait les obligations et s’éloignait des interdits. Ce qu’a fait ce shaikh est-il permis ? Etant donné les grands bienfaits qui en en découlé et sachant qu’il ne pouvait leur faire da’wa que de cette manière ?

 

Le Shaikh, , a répondu :

« Louange à Allah, Seigneur de l’Univers, le fondement de la réponse à cette question, et toutes celles qui s’y rapportent, est qu’il faut savoir qu’Allah a envoyé Muhammad avec la guidée et la religion de vérité afin de la faire triompher sur toutes les religions, et Allah suffit comme témoin.

Et Il a parachevé pour sa communauté la religion comme Il dit :

« Aujourd'hui, J'ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J'agrée pour vous l'Islam comme religion. » (Al-Ma’ida : 3).

Et Allah a annoncé le bonheur à celui qui obéit (au prophète), et le malheur à celui qui lui désobéit.

Allah dit : «Ceux obéissent à Allah et au Messager sont avec ceux qu'Allah a comblés de Ses bienfaits parmi les prophètes, les véridiques, les martyrs et les vertueux. Et quels bons compagnons que ceux-là! » (An-Nisa : 69).

Et Il  dit : « Et quiconque désobéit à Allah et à Son Messager aura (pour récompense) le feu de l'Enfer où il demeurera éternellement » (Al-Jinn : 23)

 

Et Allah a ordonné à Ses créatures de ramener leurs divergences dans la religion à ce avec quoi (le prophète) a été envoyé.

Allah dit : «  Ô vous les croyants ! Obéissez à Allah, et obéissez au Messager et à ceux d’entre vous qui détiennent le commandement.

Puis, si vous divergez en quoi que ce soit, renvoyez (le jugement) à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Ce sera bien mieux et de meilleure interprétation» (An-Nisa : 59).

Et Allah nous a informé qu’il (Muhammad) appelle à Allah, au droit chemin, lorsqu’Il dit : « Dis: "Voici ma voie, j'appelle les gens à (la religion) d'Allah, avec science, moi et ceux qui me suivent. Gloire à Allah! Et je ne suis point du nombre des polythéistes. » (Yussuf : 108).

Et Il  dit : « Et en vérité tu guides vers un chemin droit, le chemin d’Allah à Qui appartient ce qui est dans les cieux et sur la terre. Oui c’est à Allah que revient toute chose » (As-Shura : 52)

 

Allah nous a informé qu’il (le prophète) ordonne le bien, et interdit le mal, qu’il rend licite les bonnes choses et rend illicite les mauvaises choses.

En effet, Allah dit : « Ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré qu'ils trouvent mentionné chez eux dans la Thora et l'Evangile.

Il leur ordonne le bien, leur interdit le mal, leur rend licites les bonnes choses, leur interdit les mauvaises et leur ôte le fardeau et les jougs qui étaient sur eux. Ceux qui croiront en lui, le soutiendront, lui porteront secours et suivront la lumière descendue avec lui; ceux-là seront les gagnants. » (Al’Araf : 157)

 

Le messager d’Allah a ordonné tout le bien, et a interdit tout le mal. Il a rendu licites toutes les bonnes choses, et rendu illicites toutes les mauvaises choses.

Il est rapporté dans le Sahih (d’Al-Bukhari) qu’il a dit : « Allah n’a pas envoyé un messager sans qu’il ne lui soit obligatoire de diriger sa communauté vers le bien qu’il connaissait pour eux, et qu’il ne leur interdise le mal qu’il connaissait pour eux. » (Muslim).

Al-’Irbad ibn Sariyya rapporte : « Le Prophète nous a fait un sermon qui a fait trembler les cœurs et couler les larmes. Nous avons dit : ô messager d’Allah, on dirait un sermon d’adieux,  que nous ordonnes-tu ?

 Il dit : « Je vous ordonne d’écouter et d’obéir, celui qui vivra parmi vous verra beaucoup de divergences, accrochez-vous à ma Sunna, et la sunna des Califes biens guidés après moi, accrochez-vous à elle, mordez-y avec vos molaires.

Et prenez garde aux nouveautés (dans la religion), car toute innovation est un égarement. » (Abu Dawud, At-Tirmidhi).

Le messager d’Allah a dit : « Je n’ai pas laissé une chose qui vous éloigne du Feu sans vous en avoir parlé. » (At-Tabarani). Et il dit : « Je vous ai laissé sur une voie claire, de nuit comme de jour, ne s’en écarte après moi qu’un homme voué à la perte. » (Ahmad)

 

Il y a beaucoup de preuves de ce grand fondement dans le Qur’an et la Sunna, et il est expliqué par les gens de science dans les livres comme Kitab Al-‘Itisam bil Kitab wa Sunna et comme l’ont fait l’Imam Al-Bukhari, Al-Baghawi et d’autres.

Celui qui s’accroche au Qur’an et la Sunna sera parmi les alliés d’Allah, pieux, et fera parti du groupe (parti) d’Allah et Son armée des vainqueurs.

Les pieux prédécesseurs, Comme Malik et d’autres, disaient : « La Sunna est comme le bateau de Nuh (Noé), celui qui y monte est sauvé, et celui qui n’y monte pas est noyé. ».

L’imam Az-Zuhri a dit : « Les savants passés disaient que s’accrocher à la Sunna est le salut. »

 

Si l’on sait cela, alors il est connu que ce par quoi Allah guide les égarés, oriente les pervers, et pardonne pécheurs, se trouve obligatoirement dans ce avec quoi Allah a envoyé Son prophète, du Qur’an et de la Sunna. Et si ce n’était pas le cas, alors la religion du messager d’Allah serait incomplète, elle aurait besoin d’être complétée.

Et il faut savoir qu’Allah a ordonné (toutes) les bonnes actions, obligatoires ou recommandées, et qu’Il a interdit (toutes) les mauvaises actions.

 

Si l’acte comprend à la fois un bienfait et un méfait, alors le Législateur est sage et Il légifère l’acte dont le bien est plus grand, quand à (l’acte) dont le mal est plus grand, il n’est pas légiféré et est interdit, comme Allah dit : «Le combat vous a été prescrit alors qu’il vous est désagréable.

Or, il se peut que vous ayez de l’aversion pour une chose alors qu’elle est un bien pour vous. Et il se peut que vous aimiez une chose alors qu’elle est un mal pour vous. Allah sait et vous ne savez pas » (Al-Baqara : 216)

et : « Ils t'interrogent sur le vin et les jeux de hasard. Dis: "Dans les deux il y a un grand péché et quelques avantages pour les gens; mais dans les deux, le péché est plus grand que l'utilité. » (Al-Baqara : 219). C’est pour cela qu’Allah les a interdit.

 

De même que pour les actes par lesquels les gens pensent qu’ils les rapprochent d’Allah, et qui ne sont légiférés ni par Allah, ni par son Messager  il est obligatoire que leurs méfaits soient plus grands que leurs bienfaits. Et si vraiment le bien était plus grand que le mal, le Législateur ne l’aurait pas délaissé, car le prophète est sage, il n’a pas négligé les bienfaits de la religion et il a  montré aux croyants tout ce qui les rapproche du Seigneur de l’Univers.

 

Si cela est clair, nous disons à celui qui interroge : Le shaikh évoqué (dans la question) a voulu que se repente ce groupe qui se réunissait pour commettre de  grands péchés, et cela ne lui était possible que de cette manière innovée.

Cela montre que le shaikh est ignorant des manières légiférées par lesquelles se repentent les pécheurs, ou qu’il est incapable de les appliquer. Le messager d’Allah , les Compagnons et les tabi’un faisaient da’wa à des gens qui étaient  pires (que ce groupe évoqué) parmi les gens de la mécréance, la perversité, des péchés, mais ils le faisaient de manière légiférée, sans avoir besoin de ces moyens innovés.

 

Il est interdit de dire : Il n’y a pas dans les moyens légiférés, avec lesquels Allah a envoyé le messager, de quoi amener le repentir des pécheurs.

Il est connu, par des transmissions nombreuses, qu’un nombre de gens que seul Allah connaît se sont repentis de la mécréance, de la perversité et de la désobéissance dans toutes les communautés à travers des moyens légiférés qui ne contiennent pas de rassemblements innovés cités (dans la question).

Au contraire, les premiers parmi les Muhajirin et les Ansars sont les plus grands alliés d’Allah de cette communauté, et ils se sont repentis d’une manière légiférée, pas de manière innovée. Et les contrées musulmanes passées et présentes sont pleines de gens qui se sont repentis à Allah, l’ont craint et font ce qu’Allah aime et agrée de manière légiférée, pas innovée.



On ne peut pas dire que les pécheurs ne peuvent se repentir que de cette manière innovée, mais au contraire on peut dire qu’il y a parmi les masha’ikh ceux qui ne connaissent pas ces moyens légiférés, qui en sont incapables, qui n’ont aucune science du Qur’an et de la Sunna, et de quoi prêcher et se faire entre des gens, afin qu’Allah leur pardonne.

C’est pourquoi ce shaikh se détourne des moyens légiférés pour des moyens innovés, soit par bonne intention s’il est religieux, soit pour les dominer et prendre leur argent en toute injustice comme Allah dit: «Ô vous les croyants ! Beaucoup de rabbins et de moines dévorent les biens des gens illégalement et les empêchent (de suivre) le sentier d’Allah » (At-Tawba : 34).

On ne s’écarte d’un moyen légiféré pour moyen innové que par ignorance, incapacité ou mauvais dessein.  

Sinon il est connu que l’écoute du Qu’ran est l’écoute des prophètes, de ceux qui savent, des croyants.

Allah dit à propos des prophètes : « Voilà ceux qu'Allah a comblés de bienfaits, parmi les prophètes, parmi les descendants d'Adam, et aussi parmi ceux que Nous avons transportés en compagnie de Noé, et parmi la descendance d'Abraham et d'Israël, et parmi ceux que Nous avons guidés et choisis. Quand les versets du Tout Miséricordieux leur étaient récités, ils tombaient prosternés en pleurant. » (Maryam : 58)

 

Et il dit, à propos des ceux qui savent : « Lorsqu’ils entendent ce qui a été révélé au Messager [Muhammad], tu vois leurs yeux déborder de larmes, pour ce qu’ils ont reconnu de la vérité » (Al-Ma’ida : 83).

Et Il dit à propos des savants : « Ceux à qui la science a été donnée avant lui, lorsqu'on le leur récite, tombent, prosternés, le menton contre terre et disent: "Gloire à notre Seigneur! La promesse de notre Seigneur est assurément accomplie". Et ils tombent sur leur menton, pleurant, et cela augmente leur humilité. » (Al-Isra : 107-109)

 

Et à propos des croyants : «Les vrais croyants sont ceux dont les coeurs frémissent quand on mentionne Allah. Et quand Ses versets leur sont récités, cela fait augmenter leur foi. Et ils placent leur confiance en leur Seigneur.

Ceux qui accomplissent la prière et qui dépensent [dans l’obéissance à Allah] de ce que Nous leur avons attribué. Ceux-là sont les vrais croyants : à eux des degrés (élevés) auprès de leur Seigneur, ainsi qu’un pardon et une dotation généreuse» (Al-Anfal : 2-4)

 

Et aussi : « Allah révèle le plus beau des récits, un Livre dont (certains versets) se ressemblent et se répètent.

La peau de ceux qui redoutent leur Seigneur frissonnent (lorsqu’ils l’entendent); puis leurs peaux et leurs cœurs s'apaisent au rappel d'Allah. Voilà le (Livre) guide d'Allah par lequel Il guide qui Il veut. Mais quiconque Allah égare, personne ne pourra le guider. » (Az-Zumar : 23)

Par cette écoute (celle du Qur’an) Allah a guidé Ses serviteurs, rectifié leurs vies et leurs destinations finales. C’est avec (le Qur’an) qu’Il a envoyé le prophète , donné des ordres au Muhajirin, aux Ansars et à tous ceux qui les ont suivis dans la bienfaisance.

Autour de cette écoute se réunissaient les pieux prédécesseurs, comme les compagnons du messager d’Allah lorsqu’ils se réunissaient, l’un d’entre eux lisait le Qur’an et les autres écoutaient.

‘Umar Ibn Al-Khattab disait à Abu Mussa : « Rappelle-nous notre Seigneur », alors Abu Mussa lisait (le Qur’an) et ‘Umar écoutait. Dans le Sahih d’Al-Bukhari, on rapporte que le prophète passa près d’Abu Mussa Al-Acha’ri alors qu’il récitait, il l’écouta, et lui dit : « Il a une voix semblable à celle de Dawud » et il lui dit : « Je suis passé auprès de toi hier, je t’ai écouté » puis Abu Mussa lui dit : « Si j’avais su cela, j’aurais embelli plus encore ma voix.»

 

Dans le Sahih d’Al-Bukhari, on rapporte que le prophète a demandé à Ibn Mas’ud de lui lire le Qur’an,

alors il lui dit : « Je te lis le Qur’an alors que c’est sur toi qu’il est descendu ? ».

Alors il dit : « j’aime l’entendre d’autres que moi ».

Alors Ibn Mas’ud lit sourate An-Nisa jusqu’au verset : « Dans quel état seront-ils quand Nous ferons venir de chaque communauté un témoin et que Nous te  ferons venir, (Muhammad), comme témoin contre ceux-ci (les musulmans) ? » (An-Nisa : 41).

Alors il lui dit : « Cela suffit ». Ibn Mas’ud regarda vers lui, ses yeux débordaient de larmes. C’est aussi autour de cette lecture que se réunissaient ceux que le prophète (salallahu ’alayhi wasalam) a loué lorsqu’il dit : « Les meilleurs des gens sont ceux de ma génération, puis ceux qui les suivent, puis ceux qui les suivent » (Al-Bukhari).

 

Les pieux prédécesseurs ne se réunissaient qu’autour de cette lecture. Que ce soit dans le Hidjaz, au Yémen, au Cham, en Egypte, en Irak, au Maghreb. Ce n’est qu’ensuite qu’est apparue cette (autre) écoute innovée.

Allah a loué ceux qui écoutent (le Qur’an), et Il a aussi blâmé ceux qui s’éloignent (de sa lecture). Allah a informé que (cette écoute du Qur’an) amène la miséricorde. Allah dit : « Et quand on récite le Qur’an, écoutez et taisez-vous, afin qu’on vous fasse miséricorde (d'Allah). » (Al-‘Araf : 204).

Et Il dit : « Ceux qui lorsque les versets de leur Seigneur leur sont rappelés, ne deviennent ni sourds ni aveugles… » (Al-Furqan : 73).

Et Il dit : « Le moment n’est-il pas venu pour ceux qui ont cru, que leurs coeurs s’humilient à l’évocation d’Allah et de ce qui a été révélé de la vérité [le Coran] ? » (Al-Hadid : 16).

Et Il dit : « Et si Allah avait vu du bien en eux, Il aurait fait qu’ils entendent. Mais, même s’Il les faisait entendre, ils se seraient détournés (de la vérité). » (Al-Anfal : 23).

Publié dans L' Innovation (Bid ha)

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