Les récipients

Publié le par FM


Ce chapitre est consacré aux différents récipients utilisés pour l’eau ou d’autres substances. Il peut s’agir de récipients en fer, en bois, en peau etc

L’utilisation de ces divers types de récipients sera permise en fonction de la matière utilisée pour les fabriquer. Ainsi, l’on peut se servir de tous les récipients purs à l’exception de deux :


1- Les récipients en or et en argent, et ce d’après le hadith rapporté par Hodheyfa Ibn Al-Yaman –Qu’Allah soit satisfait de lui- qui rapporte que le Prophète –Paix et bénédiction d’Allah sur lui- a dit : « Ne buvez pas dans un récipient en or ou en argent, et ne mangez pas dans ces mêmes récipients car ceux-ci, en vérité, pour eux dans cette vie et pour vous dans l’au-delà » (Al-Boukhary et Moslim)



La majorité des savants sont en accord sur ce point. En ce qui concerne l’utilisation de ces récipients à d’autres fins que la boisson et la nourriture, il a été rapporté par Al-Boukhari que Oum Salamah apporta un jour un récipient (Il s’agissait, pour être exact, du vase à teinture du Prophète) en argent dans lequel se trouvaient des boucles de cheveux appartenant au Prophète (Al-Boukhary).



Il a également dit : « Celui qui boit dans un récipient en argent, introduit à chaque gorgée le feu de la géhenne dans son ventre » (Al-Boukhary et Moslim).

Les cheikhs Al-Boukhari et Moslim rapportent ce hadith de la manière suivante : « Celui qui boit dans un récipient en argent … » seul Moslim rapporte une deuxième version qui précise : « …dans un récipient en argent ou en or ….. ».

Dans ce hadith, le Prophète -Paix et Bénédictions d’Allah sur lui-, a eu recours à une image car il est évident que le feu de la géhenne n’est pas réellement introduit dans le ventre de celui qui boit de cette eau.

Ce hadith avertit l’homme qui utilise ces récipients illicites, que pour chaque gorgée d’eau qu’il boira dans ces récipients, un châtiment lui sera infligé.

Ces expressions imagées sont en effet courantes dans la langue arabe, l’on dit par exemple : « Certes ce qu’ils mangent sera du feu dans leurs ventres ». Ainsi les récipients en or ou en argent sont interdits pour tous, y compris les femmes.



2- Les peaux d’animaux morts non tannées : Il est interdit d’utiliser les récipients faits de peaux d’animaux morts. Les savants divergent quant à savoir s’il est ou non possible d’utiliser ces peaux après qu’elles aient été tannées.

Le Cheikh Saleh Al-Fawzane et le Cheikh Abdel Kader Chayba Al-Hamad s’accordent sur le fait qu’une fois tannée, la peau est pure et ce d’après les hadiths suivants : Ibn Abbas –Qu’Allah soit satisfait de lui- rapporte que le Prophète –Paix et bénédiction d’Allah sur lui- a dit : « Lorsque la peau d’un animal mort est tannée, celle-ci devient pure » (Moslim) Les quatre rapportent : « Quelle que soit la peau tannée » Ces paroles furent prononcées alors que le Prophète passait près de la brebis morte de Maymouna –Qu’Allah lui fasse miséricorde-.

Ce hadith nous apprend que le tannage de la peau purifie ce qui est visible et invisible de la peau d’un animal mort. Quant à ce qui a été rapporté par Ahmed, Al-Boukhari dans ses livres d’histoires, par les quatre, par Darakatni, Al-bayhaqi, et Ibn Habbane, rapportant que Abdallâh Ibn ‘Ouqaim a dit : « On nous a lu un jour le livre du Prophète avant sa mort, alors que j’étais adolescent : « Ne tirez aucun profit de l’animal mort ni par sa peau ni par ses nerfs » (An-Nissaï, authentifié par le cheikh Al Albani) D’après la version transmise par Ash-Shaffi’i, Ahmed et Abû Dawud, il est précisé : « un mois avant sa mort » dans une autre version jugée bonne par At-Tirmidhi : « un ou deux mois ».

Ce hadith ne contredit pas celui qui a été précédemment rapporté, en effet le hadith rapporté par Ibn Abbas –Qu’Allah lui fasse miséricorde- autorise l’utilisation de la peau une fois celle-ci tannée, alors que le hadith de Abdallâh Ibn ‘Ouqaim interdit l’utilisation de la peau qui n’a pas été tannée.

Salma Ibn Mouhbiq –Qu’Allah soit satisfait de lui- rapporte que le Prophète –Paix et bénédiction d’Allah sur lui- a dit : « Le tannage purifie la peau des animaux morts » (rapporte par Ibn Habban)



Maymouna –Qu’Allah lui fasse miséricorde- rapporte : « Le Prophète passa près d’une brebis qui était traînée, il leur dit alors : « Et si vous preniez sa peau ? » Ceux qui la traînaient répondirent : « Mais c’est une bête morte ! » Il répondit : « L’eau et le tannage la purifient » (Abû Dawud, authentifié par le cheikh Al Albani, rapporté également par An-Nissaï)



Ce hadith va également dans le même sens que le hadith rapporté par Ibn Abbas, et tous nous apprennent que le tannage de la peau d’un animal mort la purifie. Et cela, même si cette purification est faite dans le but de tirer profit de cette peau. Il n’est pas permis en revanche de manger de cette peau, même si elle a été tannée.

Il a été rapporté par l’Imam Ahmed, d’après une bonne chaîne de transmission, qu’Ibn Abbas a dit : « La brebis de Saouda Bint Zam’a mourut. Celle-ci en informa le Prophète, qui dit : « Pourquoi n’avez-vous pas prélevé le musc qui se trouvait en elle ? » Ils répondirent : « Peut-on prendre le musc d’une brebis qui est morte ? » Le Prophète répondit : « Certes Allah –Le Très-Haut – dit : « Dis : “Dans ce qui m'a été révélé, je ne trouve d'interdit, à aucun mangeur d'en manger, que la bête (trouvée) morte, ou le sang qu'on a fait couler, ou la chair de porc » Et vous, vous n’en ferez pas manger ! Tannez-la et tirez-en profit. » Elle repartit auprès de la brebis, préleva son musc et tanna sa peau. Elle la conserva jusqu'à ce qu’elle se déchira. »



Dans le cas où l’on n’a pas d’autre moyen, il est permis d’utiliser, de manger et boire dans les récipients de non musulmans s’ils ne sont pas impurs. Si par exemple on constate à l’intérieur du récipient la présence d’une nourriture ou d’une boisson impure, telle que du porc, de l’alcool, etc.

on se doit de le laver avant de l’utiliser, d’après le hadith suivant : Abi Thoulba Akl-Khouchna –Qu’Allah soit satisfait de lui- a dit : « O Prophète d’Allah nous vivons sur une terre qui appartient aux gens du Livre, pouvons-nous manger dans leurs récipients ? » Il répondit : « Ne mangez pas dans leurs plats, sauf si vous ne trouvez rien d’autre. [Si donc vous y êtes obligés] lavez-les et mangez dedans » (Al-Boukhary et Moslim) Ce hadith nous apprend qu’il est interdit de manger dans les récipients des gens du Livre sauf si l’on n’en trouve pas d’autre.

Dans ce cas, on lave le récipient et alors on peut s’en servir pour y manger. Cette interdiction s’explique par la présence d’aliments impurs qu’ils y cuisinent et qui rendent ces récipients impurs.



Cependant, il est permis de faire les ablutions en se servant de l’eau fournie par une associatrice et d’en boire conformément au hadith rapporté par ‘Omrane Ibn Hossein –Qu’Allah soit satisfait de lui- qui dit que le Prophète –Paix et bénédiction d’Allah sur lui- et ses compagnons accomplirent leurs ablutions [en puisant de l’eau] d’un récipient en peau qui était la propriété d’une femme polythéiste » (Al-Boukhary et Moslim d’après le hadith de Tawil).

Ce hadith fut rapporté par Al-Boukhari en les termes suivants : Le Prophète envoya Ali et une autre personne, en leur disant : « Allez chercher de l’eau » Ils partirent donc et rencontrèrent une femme qui montait un chameau et de chaque coté de ce chameau se trouvait deux outres remplies d’eau, du genre mezada ou satiha (Ce sont de très grandes outres). « Où se trouve l’eau ? » demandèrent-ils - J’ai trouvé cette eau, répondit-elle, hier à pareille heure.

Nos hommes (sont partis et) nous ont laissés. – « Alors, » reprirent-ils, « marche ! »- « Vers quel endroit ? » répliqua-t-elle.- « Vers l’Envoyé d’Allah », répondirent-ils. – « Ah ! Vers celui que l’on nomme le sabéen ! » (Ce mot signifiait : celui qui a changé de religion), s’écria-t-elle. – « C’est bien celui dont tu parles » ajoutèrent-ils. Ils se mirent donc en route et amenèrent cette femme au Prophète et lui racontèrent leur aventure. « Qu’on fasse descendre cette femme de son chameau » dit le Prophète. Puis il lui fit apporter un vase et y versa l’eau des deux outres, après en avoir ouvert les orifices qu’il referma ensuite.

 

Il ouvrit ensuite la partie inférieure des outres et on appela tous les fidèles qui burent et firent boire, chacun buvant et faisant boire autant qu’il voulait… ». Les récipients des polythéistes sont donc purs.

 

 

 

Malick Eric Simonnin

Source : edition sassia.net

Publié dans La Prière

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