'Abdoullâh Ibn Houdhâfa (رضي الله عنه)

Publié le par FM

Sa rencontre avec Khusraw Parvez

Lorsque le Prophète (صلى الله عليه و سلم) chargea certains de ses compagnons de remettre des lettres aux souverains en dehors de la péninsule arabique afin de les inviter à l'Islam.

Le Prophète chargea six compagnons de ses lettres à l'attention des souverains arabes et étrangers. 'Abdoullâh Ibn Houdhâfa fut choisi pour remettre l'invitation du Prophète à Kushraw Parvez, le roi perse. Après avoir fait ses adieux à son épouse et à son fils, il se mit en route. Seul, il traversa les montagnes et les vallées pour finalement atteindre le pays des Perses.

Il demanda à rencontrer le roi, mentionnant aux gardes la lettre qu'il portait. Kushraw Parvez fit préparer sa salle d'audience et convoqua les membres de sa cour les plus en vue. Quand ils furent tous prêts, il fit venir le messager. 'Abdoullâh entra. Il vit le potentat perse vêtu de robes flottantes délicates et portant un haut turban arrangé de la plus délicate des manières; tandis que 'Abdoullâh portait des vêtements simples et rudes des Bédouins. Il avançait néanmoins la tête haute et d'un pas ferme. L'honneur de l'Islam brûlait dans son cœur et le pouvoir de sa foi faisait palpiter son cœur.


Voyant 'Abdoullâh s'approcher de lui, Kushraw Parvez fit signe à l'un de ses hommes de prendre la lettre de sa main.

"Non, dit 'Abdoullâh. Le Prophète m'a ordonné de te remettre cette lettre en main propre et je ne désobéirai pas au Messager d'Allah.
- Qu'on le laisse s'approcher, ordonna Kushraw à ses gardes".

'Abdoullâh s'avança et lui tendit la lettre. Kushraw fit appel à un savant arabe de Hira pour la lecture de son contenu. Il commença ainsi : "Au nom d'Allah, le Bienfaisant, le Miséricordieux. De Mohammad, Messager d'Allâh à Kushraw, souverain de la Perse. Que la paix soit sur quiconque suit la guidée… "
A peine eut-il entendu ces quelques mots que le visage de Kushraw devint rouge de colère et la sueur commençait à perler autour de son cou. Il arracha la lettre des mains du savant et la tailla en pièces sans savoir ce qu'elle contenait d'autre et cria : "Ose-t-il m'écrire ainsi alors qu'il est mon esclave ?" Il n'avait pas supporté de ne pas avoir eu la précédence du Prophète dans la lettre. Il ordonna l'expulsion de 'Abdoullâh de l'assemblée.

'Abdoullâh fut emmené sans savoir ce qu'il allait advenir de lui. Allait-on l'exécuter ou le libérer ? Il n'attendit cependant pas de le découvrir. Il résolut : "Par Allah, peu m'importe mon sort alors que la lettre du Prophète a été si mal traitée". Il parvint à retrouver son chameau et s'échapper.

Lorsque la colère de Kushraw se fut apaisée, il demanda à ce qu'on lui amène 'Abdoullâh. Mais, on ne le trouvait nulle part. Les gardes perses le cherchèrent jusque dans la péninsule arabique où ils se rendirent compte qu'il les avait devancés. De retour à Médine, 'Abdoullâh raconta au Prophète (صلى الله عليه و سلم) comment Kushraw avait déchiré sa lettre en morceaux. La seule réponse du Prophète fut : "Puisse Allâh déchirer son royaume !"



Sa rencontre avec l'empereur romain



Elle eut lieu durant le califat de 'Omar Ibn al-Khattab. En l'an dix-neuf de l'Hégire, 'Omar envoya une armée lutter contre les Byzantins. 'Abdoullâh Ibn Houdhâfa en faisait partie. L'empereur byzantin fut informé de l'avancée d'une troupe musulmane. Il avait entendu parler de la sincérité de leur foi et de leur volonté à sacrifier leur vie pour Allâh et Son Prophète. Aussi demanda-t-il l'ordre à voir un prisonnier musulman.

Allâh voulut que ce captif soit 'Abdoullâh Ibn Houdhâfa. L'empereur observa longuement le musulman qu'on lui présenta. Spontanément, il lui dit :
"Je vais te faire une proposition.
- Laquelle ? demanda 'Abdoullâh.
- Je te demande de te convertir au christianisme en échange de ta liberté et de ma protection".
De fureur, 'Abdoullâh s'exclama : "Plutôt mourir mille fois que d'accepter ce que tu me demandes".
- Je vois que tu es un homme fier. Néanmoins, si tu acceptes ma proposition, je partagerai mon pouvoir avec toi et ferai de toi mon conseiller".
Le prisonnier, entravé par les fers, sourit et dit : "Par Allah, quand bien même tu me donnerais tous tes biens ainsi que ceux des Arabes jamais je renoncerai à la religion de Mouhammad.
- Alors je te tuerai.
- Fais ce que tu veux".

L'empereur le fit mettre sur une croix. Ses soldats reçurent l'ordre de lui jeter des lances, d'abord sur ses mains, puis sur ses pieds, toujours en l'incitant à accepter le christianisme ou tout du moins à renoncer à sa religion. Il persista dans son refus. L'empereur le fit descendre de la croix. Il demanda qu'on amène un grand chaudron plein d'huile bouillante. Il fit ensuite venir deux autres prisonniers musulmans et il fit jeter l'un d'eux dans l'huile bouillante. La chair du prisonnier grésillait et bientôt on put voir ses os. L'empereur se tourna vers 'Abdoullâh et l'invita une fois de plus à se convertir au christianisme.

Il resta ferme et l'empereur finit par abandonner. Il ordonna qu'on jette 'Abdoullâh dans le chaudron. Alors qu'on l'emmenait, il commença à pleurer. L'empereur crut l'avoir vaincu et le fit revenir. Une dernière fois, il demanda à 'Abdoullâh de devenir chrétien mais à sa grande surprise, 'Abdoullâh refusa.
"Maudit sois-tu ! Pourquoi pleurais-tu alors ? cria l'empereur.
- Je pleurais, dit 'Abdoullâh, parce que je me disais : "Tu vas maintenant être jeté dans ce chaudron et ton âme s'en ira". Que n'aurais-je donné pour avoir autant d'âmes que j'ai de poils sur le corps afin qu'elles soient toutes jetées dans ce chaudron au nom d'Allah.
Le tyran dit alors : "Baiserais-tu ma tête contre ta liberté ?"
"Et celle de tous les prisonniers musulmans ? demanda 'Abdoullâh."
L'empereur accepta. 'Abdoullâh pensa : "Lui, un ennemi de l'Islam ! J'embrasse sa tête et il me libère ainsi que tous les prisonniers musulmans. Il n'y a certainement pas de mal à cela". Il s'approcha alors de l'empereur et lui baisa la tête. Tous les prisonniers musulmans furent libérés et remis à 'Abdoullâh.

Finalement, 'Abdoullâh Ibn Houdhâfa retourna auprès de 'Omar Ibn Al-Khattab et lui conta son histoire. 'Omar, très heureux du dénouement, dit à l'attention des prisonniers : " Tout musulman, à commencer par moi, a le devoir d'embrasser la tête de 'Abdoullâh Ibn Houdhâfa". 'Omar se leva donc et baisa la tête de 'Abdoullâh Ibn Houdhâfa.

 

 

 

 

Source : Tiré du site Risala.net

Publié dans Les Compagnons Hommes

Commenter cet article