Les choses défendues [Mahdhoûrât al-Ihrâm] que la personne doit obligatoirement éviter en état de sacralisation

Publié le par FM



Nous souhaiterions avoir un éclaircissement sur les choses défendues [Mahdhoûrât al-Ihrâm] que la personne doit obligatoirement éviter en état de sacralisation ?




Les choses défendues en état de sacralisation [Mahdhoûrât al-Ihrâm] sont ce que la personne doit s’interdire lorsqu’elle se retrouve en état de sacralisation et qui se présentent comme suit : 

- Le rasage des cheveux de la tête, car Allâh -Ta’âla- dit
« Et ne rasez pas vos têtes avant que l’offrande [l’animal à sacrifier] n’ait atteint son lieu d’immolation. » Coran, 2/196


Et les savants [al-’Ulémâ] ont appliqué [cette interdiction] du rasage de la tête à l’ensemble des cheveux du corps, et ils ont appliqué cela aussi au fait de couper ou de diminuer les ongles. 



 - L’utilisation du parfum après avoir accompli l’acte de sacralisation [al-Ihrâm], que cela soit sur les vêtements ou le corps ou la nourriture ou en se lavant ou de quelque façon que ce soit. L’utilisation de parfum est interdit en état de sacralisation, car le prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) a dit au sujet d’un homme dont la chamelle lui cassa le cou [pendant qu’il était en état de sacralisation] : « Lavez-le avec de l’eau et du « sidr » [feuille de jujubier] et enveloppez-le dans ses deux vêtements sans toutefois lui couvrir la tête ni même lui appliquer du hanoût ». Rapporté par al-Bukhârî - n°1851

 Et « al-Hanoût » est un mélange de parfum qui est habituellement appliqué aux défunts.


 - Les rapports sexuels, Allâh - Ta’âla - dit : « Le pèlerinage a lieu dans des mois connus. Si l’on se décide de l’accomplir, alors point de rapport sexuel, point de perversité, point de dispute pendant le pèlerinage. » Coran, 2/197



- S’approcher de sa femme avec désir, car cela entre dans le sens général de la parole [d’Allâh] : « alors point de rapport sexuel », et parce qu’il n’est pas permis au « Muhrim » [la personne en état de sacralisation] de se marier ou faire une demande de mariage - Ainsi, il ne lui est pas permis d’approcher [son épouse] avec désir.


- La chasse - Car Allâh - Ta’âla - dit : « O les croyants ! Ne tuez pas de gibier pendant que vous êtes en état d’ihrâm. Quiconque parmi vous en tue délibérément, qu’il compense alors, soit par quelque bête de troupeau, semblable à ce qu’il a tué, d’après le jugement de deux personnes intègres parmi vous, et cela en offrande qu’il fera parvenir à (destination des pauvres de) la Ka`ba, ou bien par une expiation, en nourrissant des pauvres, ou par l’équivalent en jeûne. Cela afin qu’il goûte à la mauvaise conséquence de son acte. Allâh a pardonné ce qui est passé ; mais quiconque récidive, Allâh le punira. Allâh est Puissant et Détenteur du pouvoir de punir. » Coran, 5/95



Quant au fait de réduire les arbres, ce n’est pas interdit pour le « Muhrim », excepté ce qui entre parmi les arbres de « al-Amyâl » [les frontières du sanctuaire]. C’est le fait de couper [dans cette zone] qui est interdit, qu’on soit en état de sacralisation ou pas. Ceci dit, il est permis de réduire les arbres à `Arafâh même si on est en état sacralisation, mais cela n’est pas permis à « Muzdalifah » et « Mina » quand même nous ne serions pas en état de sacralisation. Certes, la prohibition sur la diminution [en réduisant] des arbres est liée au « Haram » [sanctuaire], pas à l’état de sacralisation [al-Ihrâm].

 



Parmi les interdictions qui s’appliquent exclusivement aux hommes
Il y a [la prohibition du port de chemise [Qamîs], de capuchon, de pantalon, du turban et de bottines, parce que le prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) a été interrogé sur ce que devrait porter le « Muhrim »

- Il a dit : « [Il ne doit porter] ni tunique, ni pantalon, ni capuchon, ni bottines. » Rapporté par al-Bukhârî - n°5803

 Mais il (sallallahu ’alayhi wa sallam) a fait une exception pour celui qui ne trouve pas de « izâr », qu’il porte un pantalon, et pour celui qui ne trouve pas de sandales, qu’il porte des bottines.



Ces cinq choses sont décrites par les savants [al-’Ulémâ] comme étant le port de vêtements cousus, ainsi les gens du commun pensent que les vêtements cousus signifient les vêtements sur lesquels il n’y a pas de couture, mais l’ordre n’est pas de la sorte. Ce que les gens de science [Ahl al-’Ilm] ont voulu dire par cela, c’est le port de vêtements cousus en fonction de l’ajustement du corps ou des parties de la personne, tels que la chemise et le pantalon. C’est ce qu’ils ont signifié par cela. Par conséquent, si une personne porte un « rida » [vêtement supérieur] ou un « izâr » [vêtement inférieur] avec des pièces rapportées là-dessus, il n’y a pas de mal, mais c’est la chemise tissée sans couture, qui est interdite [Harâm].

 



Parmi les interdictions [Mahdhoûrât] liées à l’état de sacralisation [Ihrâm] spécifique aux femmes
Il y a le « niqâb », qui est un voile qui couvre le visage et laisse les yeux découverts et que l’on peut voir, certes le prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) a interdit cela.Rapporté par al-Bukhârî - n°1838

 [Une interdiction] semblable à cela s’applique au « burqa’ ». Lorsqu’une femme s’applique à l’état de sacralisation [Ihrâm], elle ne doit porter ni « niqâb » ni « burqa’ ». Et ce qui est légiféré [Machroû’] pour elle, c’est qu’elle découvre son visage à moins qu’un homme autre que ses « mahrâm » personne qu’elle n’a pas le droit d’épouser

passe devant elle, et qu’elle se doit obligatoirement de couvrir son visage, alors il n’y a pas de mal [pour elle] si cette couverture touche son visage. En ce qui concerne celui qui fait n’importe laquelle d’entre ces choses interdites [al-Mahdhoûrât] par oublie [Nâssiyân] ou par ignorance [Djâhilân] ou par contrainte [Moukrihân], il n’a rien à compenser, certes Allâh - Ta’âla - dit : « Nul blâme sur vous pour ce que vous faites par erreur, mais [vous serez blâmés pour] ce que vos cœurs font délibérément. Allâh, cependant, est Pardonneur et Miséricordieux. » Coran, 33/5



Et Allâh - Ta’âla - dit : « O les croyants ! Ne tuez pas de gibier pendant que vous êtes en état d’ihrâm. Quiconque parmi vous en tue délibérément, qu’il compense alors, soit par quelque bête de troupeau, semblable à ce qu’il a tué... » Coran, 5/95


Ces textes indiquent donc que celui qui accomplit l’une de ces interdictions [Mahdhoûrât] par oublie ou pas ignorance n’a rien à compenser.

De même pour ce qui s’applique à celui qui agit par contrainte, certes Allâh - Ta’âla - a dit : « Quiconque a renié Allâh après avoir cru... - sauf celui qui y a été contraint alors que son cœur demeure plein de la sérénité de la foi - mais ceux qui ouvrent délibérément leur cœur à la mécréance ceux-là ont sur eux une colère d’Allâh et ils ont un châtiment terrible. » Coran, 16/106


Telle est la chose sur la contrainte pour le « kufr » [mécréance], il est plus probable qu’aucune expiation ne soit exigée sur ce qui est moins grave que cela. Ceci dit, si la personne qui a oublié se rappelle, elle se doit obligatoirement de cesser [de faire] la chose prohibée, et si la personne était ignorante et que par la suite elle sait, elle doit cesser de faire la chose interdite, et si la personne contrainte se voit lever la contrainte sur ce qui est obligatoire, elle doit cesser de faire la chose interdite. Par exemple, si un « Muhrim » couvre sa tête parce qu’il a oublié, et que par la suite il se rappelle, alors il doit ôter la couverture, et s’il se lave la main avec du parfum puis se rappelle [que cela est interdit], il doit alors laver le parfum jusqu’à ce qu’il soit retiré, et ainsi de suite.

 Madjmu’ Fatâwa de SHeikh Ibn ’Uthaymîne, vol-22 p.112-115

L’Erudit SHeikh al-Imâm al-Faqîh Muhammad Ibn Sâlih al-’Uthaymîne (rahimahullâhu ta’âla)

Source : manhajulhaqq

Commenter cet article