L’ascetisme dans ce bas-monde - الزهد في الدنيا

Publié le par FM

 





Az-Zuhd fîd-Douniyyâh


L’aspiration à l’au-delà [al-Âkhira] ne se réalise que par l’ascétisme [le renoncement de ce bas-monde]. Et une telle rectitude dans l’ascétisme [az-Zuhd] ne se fait voir que de deux véritables manières :



La première


Est celle de méditer sur le bas-monde [ad-Douniyâh], sa fin qui prendra terme rapidement, sa futilité cruciale, sa disparition, son imperfection, sa petitesse [par rapport à l’au-delà] et la peine dépensée dans la concurrence de ses intérêts futils, le désir ardent de ses plaisirs [éphémères] et tout ce qui ressemble à cela, tel que les tourments [dûs à ce bas-monde], le trouble [que cette vie cause], au point que celui qui va à la recherche [de ce bas-monde], continue dans cette vie à être insatisfait [peiné], à être quand même attristé lors d’un bénéfice [d’un bien matériel ou autre], et à être accablé lors de sa perte ; Voici l’une de ces manières.



La deuxième


Est celle de méditer sur l’au-delà [al-Âkhira], la venue définitive [de son jour] qui sera certaine, la prolongation [de l’au-delà qui sera constante], son éternité, la grâce de son bien et de sa joie, et de tout ce qu’il y a de différent [de ce bas-monde].

Et cela est tel que ce qu’Allâh - Subhânahu - a dit : « Alors que l’au-delà est meilleur et plus durable » [Sourate al-A’la, v-18]


Alors [que ce bas-monde] a des illusions imparfaites, diminuées et dégradantes. Ainsi, si [la personne] adopte avec conviction ces deux sortes de méditation, elle se doit de préférer ce que son esprit préfère, et renoncer à tout ce à quoi il est indispensable de renoncer [...] Car quiconque désire la vie présente, en la convoitant et en la préférant [à celle de l’au-delà], ne croit [en réalité] que ce qui existe dans l’au-delà [al-Âkhira] est plus digne, meilleur et plus durable [que ce bas-monde].

Donc, [la personne] qui ne croit pas à une telle vérité est certainement considérée [comme une personne] sans foi, et comme ayant un esprit perverti, et qui n’a pas pu choisir ce qui était meilleur.

[...]

C’est pourquoi la préférence de ce bas-monde [ad-Douniyah] à celui de l’au-delà, est due soit à la perversion de sa foi [Imân], soit à la perversion de sa raison [’Aql].


Et nombreux sont les effets néfastes de ces deux genres de perversion. Ces conséquences, sont les raisons pour lesquelles le Messager d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam) et ses Compagnons [as-Sahâbah] ont effacé de leurs cœurs [ce bas-monde] en le repoussant, en le délaissant, le négligeant, considérant [ce bas-monde] comme une prison et non pas comme un paradis.

De fait, ce renoncement [az-Zuhd] est un véritable ascétisme [az-Zuhd]. De même, s’il avait préféré ce bas-monde [le Prophète], il aurait pu obtenir tout ce qu’il aimait [de ce bas-monde] , ainsi que tout ce qu’il désirait, il aurait pu l’avoir.

Car les clés [Miftah] de ce bas-monde lui avaient été offertes [au Prophète], mais il les a refusés. Il en est ainsi de ses Compagnons qui, comblés [de ce bas-monde], l’ont délaissé à la préférence des bénéfices de celui de l’au-delà.

[...]

Le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) a dit : « Je ne trouve aucun intérêt à ce bas-monde. Certes, j’y suis tel un cavalier qui après avoir terminé sa sieste à l’ombre d’un arbre, repart en délaissant ce dernier. » [Rapporté par at-Tirmidhî, Ahmad, al-Hâkim et Ibn Mâdja - Hadîth Sahîh]



Et le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) dit également : « Ce bas-monde n’est, en comparaison à celui de l’au-delà, que comme est le doigt de l’un d’entre vous qu’il introduit dans la mer. » [Rapporté par Muslim, at-Tirmidhî et Ibn Mâdja ]



Et Allâh - Subhânnahu- Créateur des deux mondes a dit : « La vie présente est comparable à une eau que Nous faisons descendre du ciel et qui se mélange à la végétation de la terre dont se nourrissent les hommes et les bêtes. Puis, lorsque la terre prend sa parure et s’embellit, et que ses habitants pensent qu’elle est à leur entière disposition, Notre Ordre lui vient, de nuit ou de jour, c’est alors que Nous la rendrons toute moissonnée, comme si elle n’avait pas été florissante la veille. Ainsi exposons-Nous les preuves pour des gens qui réfléchissent. Allâh appelle à la demeure de la paix et guide qui Il veut vers un droit chemin. » [Coran, 10/24-25]



Telle est l’information [al-Akhbar] sur la bassesse de ce bas-monde [ad-Douniyah] afin de s’en éloigner, et l’information sur « Dâr as-Salâm » [la maison de la paix], en appelant à y entrer.



Et Allâh - Ta’âla dit : « Et propose-leur l’exemple de la vie ici-bas. Elle est semblable à une eau que Nous faisons descendre du ciel ; la végétation de la terre se mélange à elle. Puis elle devient de l’herbe desséchée que les vents dispersent. Allâh est certes Puissant en toutes choses ! Les biens et les enfants sont l’ornement de la vie de ce monde. Cependant, les bonnes œuvres qui persistent ont auprès de ton Seigneur une meilleure récompense et [suscitent] une belle espérance. » [Coran, 18/45-46 ]



Et Allâh - Ta’âla dit : « Sachez que la vie présente n’est que jeu, amusement, vaine parure, une course à l’orgueil entre vous et une rivalité dans l’acquisition des richesses et des enfants. Elle est en cela pareille à une pluie : la végétation qui en vient émerveille les cultivateurs, puis elle se fane et tu la vois donc jaunie ; ensuite elle devient des débris. Et dans l’au-delà, il y a un dur châtiment, et aussi pardon et agrément d’Allâh. Et la vie présente n’est que jouissance trompeuse. » [Coran, 57/20]

 

Et Allâh - Ta’âla dit : « On a enjolivé aux gens l’amour des choses qu’ils désirent : femmes, enfants, trésors thésaurisés d’or et d’argent, chevaux marqués, bétail et champs ; tout cela est l’objet de jouissance pour la vie présente, alors que c’est près d’Allâh qu’il y a bon retour. Dis : « Puis-je vous apprendre quelque chose de meilleur que tout cela ? Pour les pieux, il y a, auprès de leur Seigneur, des jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, pour y demeurer éternellement, et aussi, des épouses purifiées, et l’agrément d’Allâh. » Et Allâh est Clairvoyant sur (Ses) serviteurs. » [...]

Coran, 3/14-15 - Kitâb al-Fawâ-îd de Ibn al-Qayyîm, p.120-122

 

 

 



Al-Imâm ar-Rabbânî Ibn Qayyîm al-Djawziyyah

Tiré du site : manhajulhaqq.com puis du site Darwa.com

 

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