'Aïcha (رضي الله عنها)

Publié le par FM

Sa généalogie

C'est la fille d'Abou Bakr as-Siddîq (رضي الله عنه).



Son mariage avec le Prophète (صلى الله عليه و سلم)

'Aïcha (رضي الله عنها) est devenue la femme du Prophète (صلى الله عليه و سلم) à la Mecque alors qu'elle avait 10 ans, mais elle est allée vivre auprès de lui qu'après l'émigration à Médine à l'âge de 14 ans.

Au sujet de son mariage, elle a rapporté que peu avant qu'elle quitta la maison de ses parents, elle sortit dans la cour pour jouer avec une amie qui passait : "J'étais en train de jouer sur une bascule et mes longs cheveux flottant au vent étaient ébouriffés…", dit-elle.

"Ils vinrent, me prirent de mon jeu et me préparèrent". Ils la vêtirent d'une robe de mariée faite de fin tissu à rayures rouges de Bahrayn et ensuite sa mère l'emmena à la maison récemment construite où des femmes des Ansars attendaient devant la porte. Elles l'accueillirent en disant : "Pour toujours et dans la joie, soit la bienvenue !"



Alors, en présence du Prophète (صلى الله عليه و سلم), souriant, un bol de lait fut amené. Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) en but lui-même et en offrit à 'Aïcha (رضي الله عنها). Elle refusa timidement mais il insista, elle but et offrit le bol à sa sœur Asma (رضي الله عنها) qui était assise à ses côtés. D'autres en burent aussi et ce fut simple et solennel. Il n'y eut pas de fête de mariage.



Son enfance auprès du Prophète (صلى الله عليه و سلم)

Ses jeunes amies venaient régulièrement lui rendre visite dans son propre appartement.



"J'étais en train de jouer avec mes poupées", dit-elle, "avec les filles qui étaient mes amies ; le Prophète (صلى الله عليه و سلم) entra et celles-ci se sauvèrent hors de la maison. Il sortit les rechercher et les ramena, car il était satisfait pour ma sécurité qu'elles soient là."



'Aïcha (رضي الله عنها) dit : Un jour le Prophète (صلى الله عليه و سلم) entra alors que j'étais en train de jouer avec mes poupées - il y avait également un cheval ailé parmi celles-ci- , et il dit : "Ô 'Aïcha, quel est ce jeu ?" "Ce sont les chevaux de Salomon" dis-je, ce qui le fit rire.



Parfois il entrait et se cachait avec son manteau pour ne pas déranger 'Aïcha (رضي الله عنها) et ses amies.



La permission des ablutions pulvérales est descendu de part sa bénédiction

'Aïcha (رضي الله عنها) a dit : Nous étions partis avec l'Envoyé d'Allâh (paix et bénédiction d'Allah soient sur lui) pour une de ses expéditions quand, arrivés à Al-Baydâ' - ou à Dhât Al-Jaych, mon collier se coupa et tomba à mon insu. Le Prophète fit halte pour le rechercher et tout le monde s'arrêta également.

 

Il se trouvait que nous n'étions pas auprès d'un point d'eau et que nous étions en défaut d'eau. Ensuite, les fidèles allèrent trouver Abou Bakr et lui dirent : "Ne vois-tu pas ce qu'a fait 'Aïcha; elle a obligé l'Envoyé d'Allâh (paix et bénédiction d'Allah soient sur lui) et ses compagnons à s'arrêter bien qu'ils ne soient pas sur un point d'eau et qu'ils n'en aient pas apporté avec eux".

Abou Bakr vint alors me trouver alors que l'Envoyé d'Allâh (paix et bénédiction d'Allah soient sur lui), la tête posée sur ma cuisse, s'était endormi.

 - "Tu as retenu, me dit-il, l'Envoyé d'Allâh (paix et bénédiction d'Allah soient sur lui) et tout le monde bien qu'ils ne soient pas sur un point d'eau et qu'ils n'en aient pas apporté avec eux".

Et Abou Bakr de continuer à me gronder et de m'adresser tous les reproches qu'il plût à Allâh de lui laisser dire, et de me donner des coups de main à la taille.

Il ne m'empêcha de bouger que (la peur de déranger) l'Envoyé d'Allâh (paix et bénédiction d'Allah soient sur lui) qui dormait sur ma cuisse. L'Envoyé d'Allâh (paix et bénédiction d'Allah soient sur lui) se leva le lendemain matin et, comme on était sans eau, Allâh révéla le verset concernant les ablutions à sec et on les fit.

- "Ô famille de Abou Bakr, s'écria 'Usayd Ibn Al-Hudayr, un des nobles, ce n'est pas la première de vos bénédictions!". Alors, ajouta 'Aïcha, quand nous fîmes lever le chameau qui me servait de monture, nous trouvâmes le collier sous l'animal". (Mouslim n° 550)



Le choix entre le bas-monde et l'au-delà

Une fois, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) demeura loin de ses épouses pendant un mois car elles l'avaient attristé en lui demandant ce qu'il n'avait pas.

C'était après l'expédition de Khaybar, quand une hausse des richesses aiguisa l'appétit de ceux qui étaient présents.



D'après 'Aïcha (qu'Allâh soit satisfait d'elle), Quand l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) reçut d'Allâh l'ordre d'offrir à ses femmes de choisir (entre leur union avec lui ou bien les biens de ce monde au lieu de ceux de la vie future), il vint me trouver la première et me dit : "Je vais t'entretenir d'une affaire, mais ne te hâte pas de me répondre tant que tu n'auras pas consulté tes parents".

Or il savait bien que ni mon père, ni ma mère ne m'engageraient à me séparer de lui.

Puis, il poursuivit : "Allah, l'Exalté a dit : {Ô Prophète! Dis à tes épouses : Si c'est la vie présente que vous désirez et sa parure, alors venez! Je vous donnerez (les moyens) d'en jouir et vous libérerez (par un divorce sans préjudice). Mais si c'est Allâh que vous voulez et Son Messager ainsi que la demeure dernière, Allâh a préparé pour les bienfaisantes parmi vous une énorme récompense"}.


- "A quoi bon, lui répondis-je, consulter mon père et ma mère, puisque c'est Allah, Son Envoyé et la demeure dernière que je désire?"


Les autres épouses du Prophète (صلى الله عليه و سلم) firent de même. (Mouslim n°2696)



La calomnie

'Aïcha, la femme du Prophète, (qu'Allâh soit satisfait d'elle) a dit : Quand l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) voulait faire un voyage (ou une expédition), il faisait un tirage au sort entre ses femmes pour désigner celles qui l'accompagneraient.

Lors d'une des expéditions qu'il entreprit, il procéda au tirage au sort et c'était moi que le sort avait désignée.

Je partis donc avec l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم). C'était postérieurement à la révélation du verset relatif à la prescription du voile et j'étais toujours dans mon palanquin, même lorsqu'on le descendait du dos du chameau. Quand l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) eut terminé cette expédition, nous prîmes le chemin de retour. Comme on était près de Médine lors du retour, le Prophète ordonna une nuit de se mettre en marche.

A l'instant où l'ordre de marche était donné, je me levai et marchai jusqu'à ce que j'eusse dépassé les troupes pour satisfaire un besoin et en retournant, je me dirigeai vers ma monture. Comme je portai la main au cou, je me rendis compte que j'avais perdu mon collier de verroteries fabriqué à Zafâr.

Je retournai pour rechercher mon collier et le désir de le retrouver me retint sur place. Les gens qui étaient chargés de ma monture soulevèrent mon palanquin et le chargèrent sur mon chameau, croyant que j'étais dedans.

En effet, à cette époque les femmes étaient de poids léger; elles n'étaient pas encore devenues obèses, car elles ne mangeaient que peu. Aussi les gens ne trouvèrent-ils pas insolite la légèreté du palanquin lorsqu'ils le soulevèrent, d'autant plus que j'étais une toute jeune femme.

Ils firent alors relever le chameau et partirent. Quand je trouvai mon collier, les troupes étaient déjà en marche. Je me rendis au camp où il n'y avait plus personne, j'allai alors droit à l'endroit où j'avais été installée pensant qu'en s'apercevant de ma disparition on reviendrait me chercher. Pendant que j'étais assise en cet endroit, je fus gagné par le sommeil et je m'endormis.

Or Safwân Ibn Al-Mu'attal As-Sulamî Adh-Dhakwânî, qui était resté en arrière des troupes, après avoir marché toute la nuit, arriva le matin à l'endroit où j'étais. Apercevant la silhouette d'une personne endormie, il s'approcha de moi et me reconnut quand il me vit, car il m'avait vue avant que le port du voile n'eût été ordonné par le Coran et il dit : "Nous sommes à Allâh et nous retournerons à Lui". Sa voix m'éveilla et je me levai, cachant mon visage avec mon voile.

Par Allah, il ne prononça aucun mot autre que ceux qu'il avait prononcés à ma vue. Il fit ensuite agenouiller sa monture et lui foula les pattes de devant pour que je monte sur laquelle. Il tint son licou pour le mener et nous arrivâmes ainsi auprès des troupes qui venaient de camper au moment de la canicule de midi.


'Aïcha poursuivit : Des gens m'avaient calomnié (en m'accusant d'adultère) et parmi eux était 'Abd-Allâh Ibn 'Ubayy Ibn Salûl qui s'était chargé de la plus lourde part de la calomnie. Quand nous arrivâmes à Médine, je suis tombée malade pendant un mois, et c'est à ce moment que les gens répandaient les propos des calomniateurs, sans que j'en fusse au courant. Ce qui m'étonnait, durant ma maladie, c'est que je ne trouvais pas l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) aussi aimable avec moi qu'il l'était d'ordinaire quand je tombais malade. L'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) entrait seulement chez moi, me saluait et me disait : "Comment allez-vous?".

Cela me donnait des inquiétudes, mais je ne sus la fâcheuse nouvelle que lors de ma sortie après le rétablissement de ma santé. J'étais sortie avec Oum Mistah pour aller du côté d'Al-Manâsi', qui nous servait de latrines. Nous n'y allions que de nuit. C'était avant que nous eussions des latrines à proximité de nos maisons. Nous suivions la coutume des anciens Arabes qui allaient satisfaire leurs besoins naturels dans des terrains vagues et, tout comme eux, nous répugnons à avoir les latrines près de nos demeures à cause de leur mauvaise odeur. Je partis donc en compagnie de Oum Mistah qui était la fille de Abou Ruhm Ibn Al-Muttalib Ibn 'Abd-Manâf; sa mère, bint Sakhr Ibn 'Amir était la tante maternelle de Abou Bakr As-Siddîq et son fils était Mistah Ibn 'Uthâtha Ibn 'Abbâd Ibn Al-Muttalib. Après avoir satisfait nos besoins, nous revenions, la fille de Abou Ruhm et moi, vers la maison et comme Oum Mistah trébucha sur le pan de son vêtement, elle s'écria : "Que Mistah Périsse!".


- "Fi! Que c'est mal, lui dis-je, d'injurier un homme qui a pris part au combat de Badr".


- "Hé! ma chère, me répondit-elle n'as-tu pas entendu ce qu'il avait dit?".


- "Et qu'est ce qu'il a dit?", demandai-je. Aussitôt elle me raconta ce que disaient les calomniateurs. Je devins alors plus malade et, quand je rentrai chez moi, l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) vint me rendre visite, il me salua, puis dit : "Comment allez-vous?".


- "Me permets-tu, lui demandai-je alors, de me rendre chez mes parents?". Je voulais à ce moment-là m'assurer auprès d'eux de la nouvelle. l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) m'accorda cette permission et je me rendis chez mes parents.


- "Chère maman, dis-je à ma mère, que racontent donc les gens?".


- "ma fille, me répondit-elle, ne t'en fais pas. Il est bien rare qu'une jolie femme aimée de son mari et ayant des co-épouses ne soit pas l'objet de leurs commérages".


- "Gloire à Allah!, m'écriai-je, les gens ont-ils échangé de tels propos!".

 

Et je passai toute la nuit à pleurer au point que je ne goûtai pas un seul instant de sommeil jusqu'au matin que je passai également à pleurer. L'Envoyé d'Allah, voyant que la révélation avait tardé à venir à ce sujet, manda 'Alî Ibn 'Abî Tâlib et Ousâma Ibn Zayd pour leur demander s'il devait se séparer de moi.

Ousâma Ibn Zayd, étant sûr que j'étais innocente et sachant l'affection que le Prophète avait pour moi, dit à l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) : "Garde ta femme nous ne savons que du bien d'elle".

Quant à 'Alî Ibn Abou Tâlib il dit : "Ô Envoyé d'Allah, Allâh ne t'a pas mis trop à l'étroit. Il y a beaucoup d'autres femmes.

Interroge sa suivante, elle te dira la vérité". L'Envoyé d'Allâh manda alors à Barîra et lui dit : "Ô Barîra, as-tu vu de 'Aïcha quelque chose qui suscite en toi le soupçon?".


- "Non, répondit Barîra, j'en jure par Celui qui t'a envoyé par la Vérité, je ne l'ai rien vu faire d'acte répréhensible, sinon qu'étant une toute jeune femme il lui arrive parfois de s'endormir auprès de la pâte à pain de la famille la laissant ainsi manger par les animaux domestiques".

L'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) se leva et résolut de demander ce jour-là une justification à 'Abd-Allâh Ibn 'Ubayy Ibn Salûl.

Montant alors en chaire, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) dit : "Ô groupe de musulmans! Qui m'excusera (si je punis) un homme dont le mal a atteint ma femme? Par Allâh! Je ne sais que du bien sur le compte de ma femme, et l'on me parle d'un homme sur le compte duquel je ne sais que du bien et qui n'est jamais entré chez ma femme autrement qu'avec moi".

Alors Sa'd Ibn Mu'âdh Al-'Ansârî se leva et dit : "Ô Envoyé d'Allah, moi, je t'excuserai et s'il appartient à la tribu des 'Aws, nous lui trancherons la tête; si c'est un de nos frères de la tribu des Khazraj, ordonne ce que tu voudras et nous le ferons".


A ces mots, Sa'd Ibn 'Ubâda le chef des Khazraj, qui était un homme vertueux, mais dont le zèle tribal plongeait dans l'ignorance, se leva et s'adressa à Sa'd Ibn Mu'âdh en disant : "Tu as menti; et j'en jure par Allâh que tu ne le tueras pas et que tu ne peux pas le faire".


A son tour, 'Usayd Ibn Hudayr, le cousin de Sa'd Ibn Mu'âdh, se leva et, s'adressant à Sa'd Ibn 'Ubâda en disant : "Tu as menti.

Par Allâh nous le tuerons; car toi tu n'es qu'un hypocrite qui plaide la cause des hypocrites".

Les deux tribus des 'Aws et des Khazraj furent si excitées, qu'elles furent sur le point de se combattre, alors que l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) était encore en chaire.

L'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) ne cessa de les apaiser jusqu'à ce qu'ils gardèrent le silence et alors il se tut. Tout ce jour-là, je le passai en larmes et je n'y goûtai aucun instant de sommeil. La nuit suivante, je la passai également dans cet état à tel point que mes parents crurent que mes larmes me briseraient le cœur.

Pendant qu'ils étaient assis auprès de moi et alors que j'étais encore en larmes, une femme des 'Ansâr demanda de me voir. Je la fis entrer chez moi, elle s'assit et commença à pleurer à son tour. Nous étions dans cet état lorsque l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) entra, salua, puis s'assit.

Il ne s'était plus assis auprès de moi depuis qu'on avait colporté des propos sur mon compte et cela avait duré un mois sans qu'aucune révélation ne se fût produite à mon sujet.

En s'asseyant, l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) prononça l'attestation de foi, puis dit : "Ô 'Aïcha! Il m'est parvenu telle et telle chose sur ton compte; si tu es innocente, Allâh t'innocentera; si tu as commis quelque faute, demande pardon à Allâh et repens-toi, car quand le Serviteur reconnaît ses péchés et se repent, Allâh accepte son repentir".

A peine l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) eut-il achevé ces paroles, que mes larmes cessèrent de couler et je ne versai plus un seul pleur.

M'adressant à mon père, je le priai de répondre à l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم).


- "Par Allah!, me répondit-il, je ne sais pas que dire à l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم)".
Alors, me tournant vers ma mère, je la priai de répondre à l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم).


- "Par Allah, répondit-elle, je ne sais pas que dire à l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم)".

 
Je répliquai alors que j'étais encore très jeune et que je ne retenais pas beaucoup du Coran : "Par Allâh, je sais que vous avez entendu raconter cette histoire (à mon sujet), qu'elle s'est gravée en vous-même et que vous y avez ajouté foi.

Si je vous dis que je suis innocente - et Allâh sait que je le suis - vous ne me croirez pas; mais si j'avoue que j'ai commis un tel péché - et Allâh sait que je suis innocente - vous me croirez.

Par Allâh! Je n'ai à dire de ma situation que ces paroles du père de Joseph : {(Il ne me reste plus donc) qu'une belle patience! C'est Allâh qu'il faut appeler au secours contre ce que vous racontez!} - "Cela dit, je me retournai et m'étendis sur mon lit.

A ce moment, par Allah, je savais que j'étais innocente et qu'Allâh m'innocenterait; mais, par Allah! Je n'aurais jamais cru qu'Allâh ferait descendre à mon sujet une révélation.

Il me semblait que j'étais trop insignifiante, pour qu'Allâh révélât des versets à mon égard. Cependant, j'avais espéré, que l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) verrait pendant son sommeil une vision dans laquelle Allâh me déclarait innocente.

Par Allah! L'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) ne sortit - pas plus que personne des gens de la maison -, avant d'avoir reçu la révélation et d'avoir été saisi de l'état qui accompagnait toute révélation; même dans un jour d'hiver, les gouttes de sueur tombaient en abondance et étaient si grosses que les perles, tant est lourd le fardeau de la Parole divine quand elle descend.

Dès que cet état eut quitté l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم), il se montra souriant et les premières paroles qu'il prononça furent celles-ci : "Réjouis-toi, 'Aïcha quant à Allah, Il te déclare innocente".


- "Va vers lui", me dit alors ma mère.


- "Par Allah! répondis-je, je n'irai pas à lui et c'est Allâh Seul que je dois louer, c'est Lui qui a déclaré mon innocence". Allah, ajoute 'Aïcha révéla les dix versets qui commencent ainsi : {Ceux qui sont venus avec la calomnie sont un groupe d'entre vous}. Quand Allâh eut révélé ceci pour déclarer mon innocence, Abou Bakr As-Siddîq qui donnait des subsides à Mistah parce que celui-ci était de ses parents et était pauvre, dit : "Par Allah! Je ne lui donnerai plus jamais aucun subside après ce qu'il a dit de 'Aïcha".


C'était alors qu'Allâh révéla ce verset : {Et que les détenteurs de richesse et d'aisance parmi vous, ne jurent pas de ne plus faire des dons aux proches.... N'aimez-vous pas qu'Allâh vous pardonne?}


D'après Habân Ibn Mûsa, 'Abd-Allâh Ibn Al-Mubârak a dit : "Ce verset du Livre d'Allâh est le plus qui donne de l'espoir". Abou Bakr a dit : "Certes, je désire qu'Allâh me pardonne". Et il renouvela à Mistah la pension qu'il lui faisait et affirma qu'il ne la lui supprimerait jamais.


'Aïcha poursuit : l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) avait interrogé à mon sujet Zaynab bint Jahch, une des femmes de l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) et lui dit : "Ô Zaynab que sais-tu (de ce sujet) et qu'as-tu vu?".


- "Ô Envoyé d'Allah, répondit-elle, je garde mon ouïe et ma vue du péché (c-.à.d. je ne dirai que ce que j'ai vu et entendu). Je ne sais que du bien (d'elle)". Or Zaynab était la seule parmi les femmes de l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم), qui rivalisait avec moi de beauté et de rang, mais Allâh la préserva (de mentir à mon sujet) à cause de sa piété. Quant à sa sœur Hamna bint Jahch, elle soutint les propos des calomniateurs, voulant ainsi débarrasser sa sœur de sa rivale, aussi périt-elle avec les calomniateurs. (Mouslim n°4974)



La mort du Prophète (صلى الله عليه و سلم) auprès d'elle

L'affection du Prophète (صلى الله عليه و سلم) pour 'Aïcha (رضي الله عنها) dura jusqu'au dernier moment de sa vie. A la fin de sa maladie, il restait chez 'Aïcha (رضي الله عنها), après avoir demandé l'autorisation de ses épouses.



Elle prit le Siwâk (bâton utilisé pour se brosser les dents) de son frère, le mâcha pour le ramollir et le donna au Prophète (صلى الله عليه و سلم). Malgré sa faiblesse, il se nettoya les dents vigoureusement avec.



Peu de temps après il perdit connaissance et 'Aïcha (رضي الله عنها) pensa que c'était les prémisses de la mort, mais au bout d'une heure il ouvrit les yeux.



Quand il rouvrit les yeux, 'Aïcha (رضي الله عنها) se souvint qu'il lui disait : "Aucun Prophète ne mourut avant que ne lui soit montrée sa place au Paradis, et qu'il n'ait eu le choix entre vivre et mourir".


"Il ne nous choisira pas maintenant…" se dit-elle. Alors elle l'entendit murmurer : "Avec la communion suprême au Paradis, avec ceux sur qui Allâh a répandu ses faveurs, les Prophètes, les martyrs et les justes…"



Elle l'entendit encore murmurer : "Ô Seigneur, avec la suprême communion - al malaoul a'lâ …" Et ce fut les derniers mots qu'elle l'entendit prononcer.



Petit à petit sa tête devient plus lourde sur sa poitrine, jusqu'à ce que d'autres dans la chambre commencèrent à pleurer, 'Aïcha (رضي الله عنها) posa alors sa tête sur un oreiller et se joignit à leurs pleurs.



Dans le sol de la chambre de 'Aïcha (رضي الله عنها), près du divan où il se trouvait, une tombe fut creusée, dans laquelle on enterra le Sceau des Prophètes.

 



La mort de son père (13 H)

Alors qu'Abou Bakr agonisait il se découvrit le visage et dit à sa fille 'Aicha (ÑÖí Çááå ÚäåÇ) qui était affligée :


"Ne sois pas dans cet état mais récite plutôt : {Et puis voici le vertige de la mort, dévoilant du coup la vérité. Voilà Homme ce que tu cherchais à fuir !} (50/19)


Abou Bakr dit ensuite : "Prenez ces deux habits, lavez les, et utilisez les pour mon linceul ; car les vivants ont plus besoin du neuf que le mort !"



La bataille du chameau (36 H.)

Dans la ville de La Mecque, où ils se sont rendus, Talha et Az-Zoubayr vont rencontrer Aïcha, qui y était allée pour le pèlerinage.

Ils ne comprennent pas les intentions de Alî et - en toute bonne foi - croient que c'est parce que les insurgés le soutiennent qu'il refuse de leur appliquer le talion.

A la tête de tout un groupe, ils partent donc de La Mecque pour l'Irak - pour la ville de Bassora précisément -, pensant y appeler les gens à soutenir leur demande de l'application du talion. (Fath Al-Bâri 12/354, 13/71).



Aïcha est traitée par 'Alî avec tous les égards qui lui sont dus; il demande à Muhammad Ibn Abî Bakr, frère de Aïcha, de la conduire à Médine. Le Prophète lui avait dit un jour : "Quelque chose surviendra entre toi et Aïcha.


- Je serai alors le plus malchanceux des humains ! s'était exclamé Alî.


- Non, mais quand cela arrivera, fais-la retourner à son lieu de sécurité" (Fath Al-Bâri 13/70).



Sa mort (58 H.)

Elle est morte en 58 après l'hégire, au cours du 17e nuit de Ramadan à l'issue de la dernière prière nocturne.



Son enterrement

Elle avait demandée a être enterrée de nuit. (al-Hakim 4/6-7, Ibn Sa'ad 8/76-77, Siyar al-A'lam an-noubala 2/192 et d'autres sources)

Elle a été enterrée dans le cimetière Jannat al-Baqi' à Médine, à côté d'autres compagnons du prophète (صلى الله عليه و سلم).



Ses mérites

Une fois elle demanda au Prophète (صلى الله عليه و سلم) "Comment est ton amour pour moi ?".


Il lui répondit : "Comme le nœud de la corde", voulant ainsi dire qu'il était fort et sûr.
A maintes reprises ensuite elle lui demanda comment était le nœud, il lui répondait : "De la même façon…".



Abou Moussa al-Ash'ari a indiqué que "Si nous, compagnons du Messager d'Allâh, avions quelques difficultés sur une question, nous interrogions 'Aïcha (رضي الله عنها) à son sujet"



Al-Ahnaf (رحمه الله) a dit : "J'ai entendu des discours de Abou Bakr, de 'Omar, de 'Othman et de 'Ali jusqu'à ce jour, mais je n'ai pas entendu de discours plus persuasif et plus beau de la bouche d'une autre personne que de la bouche de 'Aïcha".

Source : Risala.net

Publié dans Femmes Pieuses

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