Abou Soufyân (رضي الله عنه)

Publié le par FM

Son nom et sa généalogie

Abou Soufyân Ibn Harb



Après la bataille de Badr

Abou Soufiyan voulait garder la colère des gens vive et il interdit tout deuil tant qu'ils n'auraient pas entièrement vengé leurs camarades tués.



Zaynab (رضي الله عنها), enceinte et juste après la séparation d'avec son mari, s'apprêta à émigrer, les préparations terminées, elle se mit en route en plein jour et devant les Qoreichites, accompagnée seulement par le frère de son conjoint. La nouvelle de son exode est parvenue aux oreilles des ennemis de l'Islam, et la blessure de la défaite était encore béante chez eux, et l'auteur n'était autre que son père (صلى الله عليه و سلم), il fallait se venger, ils envoyèrent quelques hommes, avec à leur tête Abou Soufyan pour les intercepter. Ils finirent par les rejoindre hors de la Mecque, l'un d'eux jeta Zaynab (رضي الله عنها) à terre de sa monture sans ménagement. Heurtant un rocher, elle se mit à saigner abondamment perdant le fœtus et faillit mourir. Grand archer, son beau frère s'était mis en position l'arc à la main, la défendant contre quiconque voulait s'approcher d'elle.

A cet instant précis, Abou Soufyan s'était interposé pour le calmer. Le frère d'Aba El Aâs se calma et rengaina ses flèches. Il fit demi-tour avec sa belle sœur à la Mecque où elle fut soignée.

 



La bataille d'Ouhoud


Abou Soufyân était conscient de la bravoure des Musulmans et il savait qu'il lui faudrait plus d'hommes qu'eux s'il voulait emporter la guerre. Il lista donc les tribus de Kanànah et de Sakif, leur promettant des armes et toutes les provisions pour le séjour. Il parvînt ainsi à préparer une importante armée de 700 hommes en armures, 3 000 soldats sur chameaux, une cavalerie de 200 hommes et un groupe de fantassins. Cette armée se mit en marche vers Médine et campa au pied des collines d'Ouhoud, le 5 Chawwal 3 H

Abou Soufyân avait divisé son armée en 3, les hommes armés étant placés au milieu.

Voyant ses hommes si facilement tués lors des têtes-à-têtes du début de la bataille, Abou Soufyân ordonna une attaque générale. Les deux armées firent face et le bruit des armes retentissait dans l'air.



La lettre à Heraclius

Abou Soufyân a dit : "Durant la période de trêve que j'ai (etant encore polythéiste) conclue avec l'Envoyé d'Allah, je partis en voyage.


J'étais alors en Syrie, lorsqu'on apporta une lettre adressée de l'Envoyé d'Allâh à Héraclius. Dihya Al-Kalbî avait été chargé de la remettre au gouverneur de Bossra, qui à son tour devait la remettre à Héraclius. Héraclius demanda alors : "Y a-t-il quelqu'un qui soit proche de cet homme présumant être un Prophète ?".


On lui répondit que oui. Sur ce, on me manda avec quelques-uns des Qoraychites.


Nous entrâmes chez Héraclius et il nous fit asseoir devant lui en disant : "Lequel d'entre vous est le plus proche de cet homme qui prétend être un Prophète ?".


Abou Soufyân répondit : "C'est moi".


On me fit alors asseoir devant lui et mes compagnons derrière moi. Puis il manda son interprète et lui dit : "Dis-leur que je vais interroger cet homme au sujet de celui qui prétend être un Prophète, si cet homme ment, ses compagnons doivent relever ses mensonges".


Abou Soufyân dit (tout bas) : "Par allah! Si je ne craignais pas d'être qualifié de menteur, j'aurais forgé des mensonges au sujet du Prophète".


Il (Héraclius) demanda à son interprète : "Interroge-le : Quel rang occupe sa famille (du Prophète) parmi vous ?".


Je répondis : "Elle jouit d'une grande considération".


Puis il dit : "L'un de ses ancêtres, était-il un roi ?".


- "Non", répondis-je.


- "Le traitez-vous de menteur avant qu'il ait tenu de tels propos ?".


- "Non".


- "Ceux qui le suivent, sont-ils des honorables ou des humbles ?".


- "Ils sont plutôt des humbles".


- "Leur nombre s'accroît-il ou bien diminue ?".


- "Il s'accroît".


- "Quelqu'un de ceux qui ont embrassé sa religion, l'a-t-il ensuite abandonnée en la répugnant ?".


- "Non, aucun".


- "L'avez-vous combattu ?".


- "Oui".


- "Quel a été le résultat de cette guerre entre vous et lui ?".


- "La guerre entre nous a eu des alternatives : tantôt il l'emporta et tantôt nous l'emportions".


- "Trahit-il ses engagements ?".


- "Non, mais nous sommes en trêve avec lui et nous ignorons ce qu'il peut y faire".


Le transmetteur ajoute : Par allah, je n'ai pas pu insinuer un mot autre de ce que je viens de dire.


Il (Héraclius) poursuivit : "Y a-t-il quelqu'un autre que lui qui a déjà tenu de tels propos ?".


- "Non".


- "Eh bien ! Je t'ai demandé au sujet du rang de sa famille et tu as répondu qu'elle jouit d'une grande considération, ainsi sont les familles de tous les Prophètes qui l'ont devancé.


Je t'ai demandé si quelqu'un de ses ancêtres était un roi et tu as présumé que non. Je me suis dit alors : si l'un de ses ancêtres avait régné, il aurait cherché le trône de ses ancêtres.


Je t'ai ensuite questionné au sujet de ceux qui le suivent, tu as répondu qu'ils sont les humbles et en réalité, ils sont eux qui suivent toujours les Prophètes.


Je t'ai également demandé si vous le traitiez de menteur avant qu'il ne tienne de tels discours, tu as prétendu que non et j'ai constaté que celui qui s'abstient de mentir aux hommes, tient forcément à ne pas mentir sur Allah.


Et lorsque je t'ai demandé si quelqu'un après avoir embrassé sa religion l'abandonna et la répugna, tu as répondu que non, ainsi est la foi quand elle pénètre les cœurs.


Je t'ai aussi demandé si le nombre de ses adeptes augmente ou diminue, tu as répondu qu'il augmente, ainsi est la foi qui s'accroît jusqu'à ce qu'elle devienne parfaite.


Je t'ai également demandé si vous avez mené la guerre contre lui, tu as répondu que vous l'avez combattu et que la guerre a eu des alternatives entre vous, tel est le cas de tous les Envoyés qui sont mis à l'épreuve mais qui, à la fin triomphent.


Je t'ai demandé s'il trahit ses engagements et tu as répondu qu'il ne les trahit point, tel est le cas des Envoyés, ils tiennent à leurs engagements.


Enfin, je t'ai demandé si quelqu'un avant lui a tenu de tels discours, tu as répondu que non et je me suis dit : si quelqu'un avant lui avait tenu les mêmes propos, donc il ne fait qu'imiter ses prédécesseurs".



Il (Héraclius) ajouta : "Que vous ordonne-t-il donc ?".


- "Il nous ordonne de faire la prière (Salâ), de verser l'aumône légale (Az-Zakâ), de tenir les liens de parenté et d'être chastes".


- "Si ce que tu viens de dire est vrai, il doit être un Prophète. De ma part, je savais qu'un Prophète apparaîtrait, mais je ne savais pas qu'il serait des vôtres. Et si je pouvais me rendre chez lui, j'aurais bien aimé sa rencontre. Enfin, si j'étais auprès de lui, j'aurais lavé ses pieds (par révérence) et il aurait dominé même la place où je mets mes pieds".



Puis il ordonna qu'on lui apporte la lettre de l'Envoyé d'Allâh () et il la lut : "Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De Muhammad, l'Envoyé d'Allâh à Héraclius le chef des Romains.

Salut à quiconque suit la bonne voie. Ensuite, je t'appelle à l'islam. Convertis-toi à l'islam, tu trouveras le salut et Allâh te donnera une double récompense, mais si tu te détournes (de l'islam), tu seras chargé des péchés de ceux qui, de ton peuple, te suivront : {Ô gens du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous : que nous n'adorions qu'Allah, sans rien Lui associer et que nous ne prenions point les uns les autres pour seigneurs en dehors d'Allah. Puis s'ils détournent le dos, dites : 'Soyez témoins que nous, nous sommes soumis}.

Le transmetteur (lui-même Abou Soufyân) ajoute : Lorsque Héraclius finit la lecture de la lettre, des voix s'élevèrent et un grand tumulte se produit dans son entourage et on nous fit sortir. Je dis alors à mes compagnons quand nous fûmes dehors : "L'affaire d'Ibn Abou Kabcha (désignant ironiquement le Prophète) a pris de l'importance puisque le roi des Banû Al-'Asfar (les Romains) le redoute".

Et je ne cessai d'être convaincu que l'affaire de l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) aille l'emporter jusqu'à ce qu'Allâh me fit embrasser l'Islam.

 



Sa tentative de médiation avant la prise de la Mecque, puis sa conversion

Les Qouraychites s'atttendant à une attaque envoyèrent en observation Abou Soufyân, Hakim Ibn hizam et Boudayl Ibn Warq. Ils furent capturés par les Musulmans alors qu'ils approchaient de Marr Al Dhahran.



Le Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) demanda à les voir et s'entretint avec Abou Soufyân. Il lui dit :"N'est il pas temps que tu admettes qu'il n'y a pas d'autre Allâh qu'Allâh et que je suis son Messager ?"


Abou Soufyân répondit : "j'en doute encore !".


Al Abbas (رضي الله عنه) qui était présent lui dit :"Convertis toi et prononce les deux attestations avant que je ne te tranches la tête".


Abou Soufyân s'exécuta et se convertit aussitôt.


Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) déclara : "La protection est assurée à celui qui entre dans la maison d'Abou Soufyân, ferme sa porte derrière lui ou entre dans la Mosquée".

Il dit à Abbas (رضي الله عنه) :"Garde Abou Soufyân dans le défilé où il pourra contempler l'armée d'Allâh en marche!".

Aussitôt dit, aussitôt fait, Al Abbas (رضي الله عنه) mena Abou Soufyân au lieu indiqué. A la vue des tribus qui défilaient, Abou Soufyân s'exclama ! et dit : "Gloire à Allâh, maintenant j'y crois en la Prophétie !".

 



Son retour à la Mecque

Abou Soufyân se rendit à la Mecque sur les conseils d'Al Abbas afin d'avertir les Mecquois que la protection et la sécurité est assurée à quiconque resterait dans sa maison. Arrivé à la Mecque, Abou Soufyân se fit injurier par sa femme et les Qouraychites.

 



Ce qui se passa entre lui et 'Ali au sujet du califat d'Abou Bakr


Souwèyd Ibn Rafla (رضي الله عنه) rapporte : Abou Soufyân entra auprès de 'Ali et 'Abbâs, qu'Allâh les agrée, et dit : "Ali! Et toi, 'Abbâs! Comment se fait-il que le pouvoir soit pris par le clan le plus vil et le moins nombreux de Qouraych?! Par Allah! Si tu veux, je lui enverrai (à Abou Bakr) une troupe immense de cavaliers et d'hommes".


'Ali répondit : "Non, par Allah! Je ne veux pas que tu lui envoies une troupe immense de cavaliers et de soldats. Si nous n'avions pas considéré qu'Abou Bakr en était digne, nous ne l'aurions pas laissé prendre le pouvoir. Abou Soufyân! Les croyants sont des gens qui se veulent le bien et qui sont compatissants les uns avec les autres, même si leurs demeures et leurs personnes sont éloignées. Les hypocrites, par contre, sont des gens qui se trompent les uns les autres même si leurs demeures et leurs corps sont proches. Nous avons prêté serment à Abou Bakr et il en est digne".



Ibn Abjèr rapporte : quand on prêta serment à Abou Bakr As-Siddiq, Abou Soufyân vint voir 'Ali et dit : "Comment la plus vile famille de Qouraych a-t-elle pu vous prendre le pouvoir?! Par Allah! Je vais leur envoyer une immense armée de chevaux et d'hommes si tu veux".


'Ali répliqua : "Tu es encore l'ennemi de l'Islam et des musulmans?! Cela ne nuira en rien à l'Islam et aux musulmans. J'ai considéré qu'Abou Bakr en était digne".



Morra Attayyib rapporte : Abou Soufyân Ibn Harb vint chez 'Ali Ibn Abou Talib et dit : "Comment se fait-il que le pouvoir est pris par le clan le moins nombreux et le plus vil de Qouraych (il voulait dire Abou Bakr)? Par Allah! Si tu veux, je lui enverrai une immense armée de cavaliers et d'hommes".


'Ali répliqua : "Abou Soufyân! Tu as longtemps été l'ennemi de l'Islam et des musulmans, et cela n'a nui en rien à l'Islam. J'ai considéré qu'Abou Bakr en était digne".

 

 

Source : Risala.net

Publié dans Les Compagnons Hommes

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