Peines légales

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Peine appliquée au voleur et valeur du vol

3189. 'Aïcha (رضي الله عنها) a dit : "L'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) ordonnait de couper la main du voleur quand il s'agit de la valeur d'un quart de dinar ou davantage".

3193. 'Aïcha (رضي الله عنها) a dit : "Du temps de l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم), on ne coupait pas la main du voleur pour une valeur inférieure au prix d'un bouclier ou d'une cuirasse. Et chacun d'eux était de valeur".

3194. Ibn 'Omar (رضي الله عنهما) a dit : "L'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) fit couper la main d'un voleur pour avoir volé un bouclier au prix de trois dirhams".

3195. D'après Abou Hourayra (رضي الله عنه), l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) a dit : "Qu'Allâh maudisse le voleur! On lui coupera la main pour avoir volé un œuf; et on lui coupera la main pour avoir volé un câble".



Application de la peine criminelle au puissant et à l'humble. L'intercession pour alléger cette peine est blâmable

3196. D'après 'Aïcha (رضي الله عنها), les Qoraychites, attristés de la situation faite à la femme des Banû Makhzûm, qui avait volé, se demandèrent qui irait intercéder en sa faveur auprès de l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم). - "Personne, se dirent-ils, n'osera tenter cette démarche, sinon Ousâma Ibn Zayd, le chéri de l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم)". 'Usâma ayant entretenu l'Envoyé d'Allâh de cette affaire, reçut cette réponse : l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) lui dit : "Comment oses-tu intercéder quand il s'agit d'une des pénalités criminelles édictées par Allâh!". Puis, se levant, le Prophète prononça le discours suivant : "Ô gens! Ce qu'a causé la perdition de ceux qui étaient avant vous, c'est quand un personnage éminent parmi eux volait, ils le laissaient tranquille, et quand un faible parmi eux volait, ils lui appliquaient la pénalité édictée par Allâh. J'en jure par Allâh, s'il advenait que Fâtima, la fille de l'Envoyé d'Allâh, commît un vol, je lui couperais la main!".



Peine criminelle appliquée à l'adultère

3201. 'Omar Ibn Al-Khattâb (رضي الله عنه) a dit : Allâh envoya Muhammad (صلى الله عليه و سلم) avec la Vérité; Il lui révéla le Livre et parmi les versets qui lui furent révélés, il y avait le verset relatif à la lapidation. Nous l'avons lu, compris et retenu. C'est pour cela que l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) fait lapider et que nous avons, après lui, fait aussi lapider. Je crains que dans la suite des temps quelqu'un ne vienne dire : "Par Allâh, nous ne trouvons pas de verset relatif à la lapidation dans le Livre d'Allâh"; on tomberait alors dans l'erreur d'abandonner une prescription révélée par Allâh. La lapidation, dans le Livre d'Allâh, est de droit contre quiconque, homme ou femme, commet l'adultère alors qu'il est marié, quand la preuve est faite par le témoignage, par la grossesse ou l'aveu.



Celui qui avoue avoir commis l'adultère

3202. Abou Hourayra (رضي الله عنه) a dit : Pendant que l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) était à la mosquée, un des fidèles arriva et lui dit : "Ô Envoyé d'Allâh, j'ai forniqué". Le Prophète ayant détourné sa tête, l'homme alla se placer du côté vers lequel le Prophète avait le visage tourné et lui répéta : "Ô Envoyé d'Allâh, j'ai forniqué". Le Prophète détourna de nouveau la tête et l'homme alla se placer du côté vers lequel le Prophète avait le visage tourné. Quand l'homme eut ainsi témoigné quatre fois contre lui-même, l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) l'appela et lui dit : "Es-tu fou?". - "Non, ô Envoyé d'Allâh". - "Es-tu marié?". - "Oui, ô Envoyé d'Allâh". - "Qu'on emmène cet homme et qu'on le lapide!", s'écria alors le Prophète (صلى الله عليه و سلم).



3205. Ibn 'Abbâs (رضي الله عنهما) a dit : Quand Mâ'iz Ibn Mâlik vint trouver le Prophète (صلى الله عليه و سلم), celui-ci lui dit : "Est-il vrai ce qu'est parvenu à ma connaissance à ton sujet?". Mâ'iz répondit : "Et qu'est-ce que c'est?". Le Prophète répliqua : "Il m'est parvenu que tu avais forniqué avec l'esclave des Banû untel". Mâ'iz répondit : "Oui" et témoigna quatre fois contre lui-même. Alors, le Prophète ordonna de lui appliquer la peine de la lapidation.



3210. D'après Abou Hourayra et Zayd Ibn Khâlid Al-Juhanî (رضي الله عنهما), Un homme des Arabes vint trouver l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) et lui dit : "Ô Envoyé d'Allâh, je te le demande au nom du Seigneur, ne décide pour moi que d'après le Livre d'Allâh". - "Oui, dit son adversaire qui était plus instruit que lui, décide entre nous d'après le Livre d'Allâh et donne-moi la parole". - "Parle", lui dit l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم). - "Mon fils, dit l'homme, était employé chez cet homme et il a abusé de sa femme. Comme on m'avait raconté que mon fils méritait d'être lapidé, je l'ai racheté de ce châtiment en donnant cent brebis et une esclave. Des gens illuminés que j'ai consultés ensuite m'ont appris que mon fils ne méritait que cent coups de fouet et un an d'exil et que c'était la femme qui devait être lapidée". - "Par Celui qui tient mon âme entre Ses mains, s'écria l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم), je vais décider entre vous d'après le Livre d'Allâh : on va te rendre tes cent brebis et ton esclave, et ton fils doit recevoir cent coups de fouet et être exilé pendant un an. Ô 'Unays, va trouver la femme de cet homme et si elle avoue sa faute, lapide-la". 'Unays se rendit auprès de la femme qui fit des aveux et l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) donna l'ordre de la lapider. Ce qui fut fait.



Lapidation des juifs fornicateurs

3211. D'après 'Abdoullâh Ibn 'Omar (رضي الله عنهما), on amena à l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) un juif et une juive qui avaient forniqué. Alors, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) partit pour rencontrer les (doctes) juifs et leur demanda : "Que trouvez-vous dans le Pentateuque au sujet du châtiment de la fornication?". - "Nous noircissons les visages des fornicateurs, les portons sur le dos d'un âne de sorte que leurs visages soient tournés en sens contraire et nous les faisons circuler ainsi dans les rues". Le Prophète répliqua : "Apportez donc le Pentateuque si vous êtes véridiques". On apporta alors le Pentateuque et on se mit à le lire; mais le jeune homme qui lisait, mit sa main sur le passage de la lapidation et lit ce qui le précédait et ce qui le suivait. 'Abdoullâh Ibn Salâm qui se trouvait en compagnie de l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) dit à ce dernier : "Ordonne-lui d'ôter sa main". Comme le jeune juif ôta sa main, on trouva le passage relatif à la lapidation. L'Envoyé d'Allâh, (en retournant), donna l'ordre de lapider les deux juifs (fornicateurs). 'Abdoullâh Ibn 'Omar, le transmetteur, ajouta : "J'étais parmi ceux qui les ont lapidés et j'ai vu l'homme exposer soi-même aux pierres pour protéger la femme".

3214. D'après 'Abdoullâh Ibn 'Abî 'Awfâ (رضي الله عنه), Ach-Chaybânî a dit : Comme j'interrogeais 'Abdoullâh Ibn 'Abî 'Awfâ pour savoir si l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) avait fait exécuter la lapidation, il me répondit : "Oui". - "Etait-ce, repris-je, avant la révélation de la sourate An-Nûr ou après?". - "Je ne sais pas", me répondit-il.

3215. Abou Hourayra (رضي الله عنه) a dit : J'ai entendu le Prophète (صلى الله عليه و سلم) dire : "Lorsqu'une de vos femmes esclaves fornique et que la preuve en a été faite, infligez-lui la fustigation prescrite, mais ne l'invectivez pas. Si elle fornique de nouveau, infligez-lui la fustigation, mais ne l'invectivez pas. Si elle fornique pour la troisième fois et que le fait ait été prouvé, vendez-la fût-ce au prix d'une corde de poils".



Peine criminelle appliquée au buveur du vin

3218. D'après Anas Ibn Mâlik (رضي الله عنه), comme on amena au Prophète (صلى الله عليه و سلم) un homme ayant bu du vin, celui-là le fustigea, environ quarante fois, avec deux branches de palmier.



Nombre de fouets appliqués à un homme en vue de sa correction

3222. D'après Abou Burda Al-Ansâri (رضي الله عنه), le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : "N'infligez jamais à personne plus de dix coups de fouet à moins qu'il ne s'agisse de l'application d'un des châtiments prescrits par Allâh".



Les peines criminelles sont une expiation des péchés commis par leur auteurs

3223. D'après 'Ubâda Ibn As-Sâmit (رضي الله عنه), Quand nous étions en compagnie du Prophète (صلى الله عليه و سلم), il nous dit : "Prêtez-moi serment de fidélité en vous engageant à ne rien associer à Allâh, à ne commettre ni la fornication, ni le vol et à ne pas tuer l'âme qu'Allâh a rendue sacrée, sauf en vertu d'un droit!". "Celui d'entre vous qui sera fidèle à cet engagement, reprit le Prophète, trouvera sa récompense auprès d'Allâh. Celui qui (en ce monde) aura subi un châtiment pour une infraction à ces engagements, ce châtiment lui servira d'expiation. Quant à celui qui aura commis une infraction qu'Allâh aura tenue secrète, c'est à Allâh qu'il appartiendra de le châtier ou de lui pardonner s'Il le veut".



Accidents provenant d'un animal, d'un puits ou d'une mine

3226. D'après Abou Hourayra (رضي الله عنه), l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) a dit : "Pas de prix du sang pour un accident causé par un animal ou pour avoir tombé dans un puits ou dans une mine. Pour les trésors enfouis l'aumône légale (Az-Zakâ) est du cinquième".

 



Publié dans Sahîh Mouslim

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