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Interdiction du vin fait du raisin, de dattes et de toute boisson enivrante

3660. 'Alî Ibn 'Abî Tâlib (رضي الله عنه) a dit : J'ai obtenu comme butin une vieille chamelle au jour de Badr; où j'accompagnais le Prophète (صلى الله عليه و سلم) qui m'a donné une autre vieille chamelle. Un jour, je les ai fait s'agenouiller à la porte d'un homme des 'Ansâr. Je voulais porter sur elles de "l'idhkhîr" (plante aromatique) pour le vendre. J'ai été accompagné par un bijoutier des Banû Qaynuqâ' qui devait m'aider (en achetant l'idhkhîr) à subvenir aux frais de mon repas de noces. Hamza ibn 'Abd Al-Muttalib faisait ripaille dans cette maison avec une fille esclave qui lui chantait : "Ô Hamza, allons égorger les vieilles chamelles". Sur ce, Hamza bondit sur son sabre, trancha les bosses des deux chamelles, les éventra et en prit les foies. J'ai demandé à Ibn Chihâb : "Est-ce qu'il a pris quelque chose des bosses?". Il m'a répondu : "Il a tranché leurs bosses et les a prises". D'après Ibn Chihâb, poursuivit : J'ai vu alors cette scène qui m'avait terrifiée; et je me suis rendu chez le Prophète (صلى الله عليه و سلم). Celui-ci recevait la visite de Zayd Ibn Hâritha. Je lui ai raconté ce qui venait d'arriver; puis, je suis allé avec lui et Zayd pour retrouver Hamza. Le Prophète s'est mis à adresser des reproches à Hamza pour ce qu'il avait fait. Le regardant en face, Hamza s'est écrié : "Qu'êtes-vous donc, vous autres, sinon des esclaves de mon père?". L'Envoyé d'Allâh est revenu sur ses pas à reculons et s'est éloigné d'eux.


3662. Anas Ibn Mâlik (رضي الله عنه) a dit : Le jour où l'interdiction de la consommation du vin fut révélée j'étais en train de verser à boire aux gens dans la demeure de Abou Talha. La liqueur fermentée dont on faisait usage à ce moment était le fadîkh (liqueur fermentée provenant des dattes). Quand on entendit le héraut appeler, Abou Talha me dit : "Sors voir qu'est-ce qu'il dit". Comme je sortis, j'entendis le héraut s'écrier : "Attention! La consommation des boissons fermentées est (désormais) interdite!". On répandit alors les boissons fermentées qui s'écoulèrent dans les rues de Médine. Alors, ajoute Anas, Abou Talha me dit : "Sors et répands cette liqueur". Je sortis et alors que je la répandis, j'entendis quelques gens dire : "Untel et untel ont été tués alors qu'ils avaient de cette liqueur dans le ventre". Peut-être Anas a-t-il ajouté : C'est à ce propos que fut révélé ce verset : Ce n'est pas un péché pour ceux qui ont la foi et font de bonnes œuvres en ce qu'ils ont consommé (du vin et des gains des jeux de hasard avant leur prohibition) pourvu qu'ils soient pieux (en évitant les choses interdites après en avoir eu connaissance) et qu'ils croient (en acceptant leur prohibition) et qu'ils fassent de bonnes œuvres.


 


Répugnance à fermenter les dattes et les raisins ensemble

3674. Jâbir Ibn 'Abdoullâh Al-Ansâri (رضي الله عنهما) a dit : "Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a interdit de mélanger les raisins secs aux dattes et les dattes non mûres aux dattes mûres".

3681. Abou Qatâda (رضي الله عنه) a dit : Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : "Ne faites pas du vin ni en mélangeant ensemble les dattes non mûres et les dattes fraîches ni en mélangeant ensemble les raisins secs aux dattes mûres; mais il est permis de macérer chacun d'eux séparément".



Interdiction de l'usage des jarres, des tonneaux de palmiers, des gourdes et des outres enduits de poix pour la fermentation et son abrogation à moins que la liqueur produite ne devienne enivrante

3693. D'après (رضي الله عنه), le Prophète (صلى الله عليه و سلم) défendit de préparer le vin en faisant usage des gourdes et des vases goudronnés.

3694. Al-'Aswad a dit : J'ai demandé à la mère des Croyants quels étaient les vases dans lesquelles le Prophète (صلى الله عليه و سلم) avait défendu de préparer le vin, elle m'a dit : "Il nous a défendu, nous les membres de sa famille, de préparer le vin en faisant usage des gourdes et des vases goudronnés".

3705. Sa'îd Ibn Jubayr a dit : "J'atteste que Ibn 'Omar et Ibn 'Abbâs étaient présents lorsque le Prophète (صلى الله عليه و سلم) avait interdit de préparer le vin en faisant usage des gourdes, des jarres, des vases goudronnés et des tonneaux de palmiers".

3726. 'Abdoullâh Ibn 'Omar (رضي الله عنهما) a dit : "Quand le Prophète (صلى الله عليه و سلم) avait interdit de préparer le vin en faisant usage de certains vases, on lui fit remarquer que les gens ne pouvaient pas tous se procurer des outres; alors il toléra l'usage des jarres non goudronnées".


Toute liqueur enivrante est du vin et le vin est prohibé

3727. 'Aïcha (رضي الله عنها) a dit : Interrogé sur la bit' (boisson fermentée à base du miel), l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) répondit : "Toute boisson enivrante est prohibée".



Punition appliquée à celui qui boit du vin et ne s'abstient pas, de ne plus le boire dans la vie future

3733. D'après Ibn 'Omar (رضي الله عنهما), l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) a dit : "Tout ce qui enivre est du vin et tout ce qui enivre est prohibé. Quiconque continue à boire des liqueurs enivrantes dans l'ici-bas jusqu'à sa mort et ne revient pas à résipiscence, en sera privé dans l'au-delà".



Tolérance à prendre du "nabîdh" qui n'est pas fermenté et devenu enivrant

3746. D'après Sahl Ibn Sa'd (رضي الله عنه), Abou 'Usayd As-Sâ'idî invita l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) à sa noce. Ce fut la femme qu'il épousait, la nouvelle mariée, qui les servait. - "O, dit Sahl, savez-vous ce qu'elle a servi à boire à l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم)? Elle avait fait macérer des dattes, pendant la nuit, dans un grand récipient et quand le Prophète eut mangé, elle lui a servi à boire cette boisson".

3747. Sahl Ibn Sa'd (رضي الله عنه) a dit : On avait parlé au Prophète (صلى الله عليه و سلم) d'une femme des Arabes. Il donna ordre à Abou 'Usayd de la mander (le Prophète voulut l'épouser). Abou 'Usayd fit alors venir cette femme qui vint et séjourna à la forteresse des Banû Sâ'ida. Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) s'y rendit et lorsqu'il entra chez elle, il vit une femme qui baissait la tête. Comme le Prophète (صلى الله عليه و سلم) lui adressa la parole, elle s'écria : "Je me réfugie auprès d'Allâh contre toi". - "Eh bien, répondit-il, tu t'es assurée un refuge contre moi (je ne vais pas t'épouser)". - "Sais-tu, demanda-t-on à cette femme, qui était cette personne?". - "Non", répliqua-t-elle. - "C'était, lui dit-on, l'Envoyé de Allâh (صلى الله عليه و سلم) qui venait demander ta main". - "J'étais trop indigne (pour l'avoir traiter ainsi)", s'écria-t-elle. Sahl dit : Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) se rendit ensuite à la Saqîfa des Banû Sâ'ida; s'assit, lui et ses compagnons, puis dit : "Ô Sahl, donne-nous à boire (du vin qui n'a pas été encore fermenté)". Je leur donnai à boire dans le bol que voici.

3748. D'après Anas (رضي الله عنه), J'ai servi à boire au Prophète (صلى الله عليه و سلم) dans mon bol que voici de toutes les boissons : "Le miel, le [nabîdh], l'eau et le lait".



Autorisation à boire du lait

3749. Abou Bakr (رضي الله عنه) a dit : "Quand nous nous mîmes en route de La Mecque vers Médine avec le Prophète (صلى الله عليه و سلم) et alors que nous passions près d'un berger, le Prophète eut soif. J'allai donc lui traire un peu de lait; puis, je le lui apportai. Il le but et je fus alors satisfait".



Le nabîdh à boire et la fermeture des vases

3752. Abou Humayd As-Sâ'idî (رضي الله عنهما) a dit : J'apportai un bol du lait d'An-Naqî' au Prophète (صلى الله عليه و سلم), qui ne fut pas couvert. L'Envoyé d'Allâh me dit alors : "Pourquoi ne l'as-tu pas couvert, ne fût-ce qu'avec un petit bâton placé en travers sur le vase?". Abou Humayd a ajouté : "Il (le Prophète) nous a enjoint de faire deux choses pendant la nuit : attacher les ouvertures des outres et fermer les portes".

3753. Jâbir Ibn 'Abdoullâh (رضي الله عنهما) a dit : Nous étions avec le Prophète (صلى الله عليه و سلم), lorsqu'il nous demanda de lui donner à boire. Un homme lui dit alors : "Ô Envoyé d'Allâh! Peut-on te donner à boire du nabîdh (boisson délicieuse à base de dattes)?". - "Oui", répondit-il. L'homme partit et revint avec un verre plein de nabîdh. L'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) dit alors : "Pourquoi ne l'as-tu pas couvert ne fût-ce qu'avec un petit bâton?" Puis il en but.



Fermeture des vases, des outres et des portes en invoquant le nom d'Allâh, éteinte du feu avant de dormir et retenue des enfants le soir

3755. D'après Jâbir (رضي الله عنه), le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : "(Quand la nuit tombe), couvrez les vases, attachez les ouvertures des outres, fermez les portes, éteignez les lampes, car le démon ne peut pas dénouer les outres, ni ouvrir les portes, ni découvrir les vases. Si l'un de vous ne trouve pour couvrir son vase qu'un petit bâton qu'il mit en travers (sur le vase) en invoquant le nom d'Allâh, qu'il le fasse; car, une souris pourrait mettre le feu à une maison".

3759. D'après Ibn 'Omar (رضي الله عنهما), le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : "Ne laissez pas le feu allumé dans vos demeures quand vous dormez".

3760. Abou Moûsa (رضي الله عنه) a dit : Une maison de Médine fut brûlé avec ses habitants pendant la nuit. Quand on vint entretenir le Prophète (صلى الله عليه و سلم) de cet événement, il dit : "Le feu est votre ennemi. Quand vous allez dormir, éteignez-le".



Règles de bienséance et jugements relatifs aux aliments et aux boissons

3767. 'Umar Ibn 'Abî Salama (رضي الله عنه) a dit : (Pendant mon enfance), j'étais sous la tutelle de l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم). Comme (en mangeant) je mettais la main dans le plat de tous les côtés, il me dit : "Garçon, commence par prononcer le nom d'Allâh - en disant : (Au nom d'Allâh le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux), sers-toi de ta main droite et mange (du côté) qui est devant toi".

3769. Abou Sa'îd (رضي الله عنه) a dit : L'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) interdit de ployer les outres (pour y boire).

 



On peut boire de l'eau de Zamzam debout


3776. Ibn 'Abbâs (رضي الله عنهما) a dit : "Je donnai à boire de l'eau de Zamzam à l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم). Il la but en restant debout".

 


Il est répugnant de respirer dans le vase, mais il est recommandé de respirer trois fois en dehors du vase

3781. Anas (رضي الله عنه) a dit : "Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) respirait trois fois en buvant (en dehors du vase dont il se servait)".



Recommandation de donner à boire le lait et l'eau en commençant par la droite

3783. D'après Anas Ibn Mâlik (رضي الله عنه), on apporta à l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) du lait mélangé avec de l'eau au moment où il avait à sa droite un bédouin et à sa gauche Abou Bakr. Il but, puis passa le reste au bédouin en disant : "Commencez par celui qui est à droite, puis celui qui est à droite".

3786. Sahl Ibn Sa'd As-Sâ'idî (رضي الله عنه) a dit : On apporta au Prophète (صلى الله عليه و سلم) un bol et il y but. A sa droite, se trouvait un jeune homme et à sa gauche se trouvaient des hommes âgés. - "Jeune homme, dit-il, me permets-tu de passer le bol aux hommes âgés?". - "Par Allâh, répondit le jeune homme, je ne suis pas disposé à céder, à qui que ce soit, ma part de ce qui reste de toi". Alors, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) lui passa le bol dans sa main.



Recommandation de lécher les doigts et le plat, de ramasser une bouchée qui tombe, de la manger en l'essuyant et répugnance d'essuyer la main avant de la lécher

3787. D'après Ibn Abbâs (رضي الله عنه), le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : "Quand l'un de vous a mangé, qu'il ne s'essuie pas les mains avant de les avoir léchées ou fait lécher par quelqu'un d'autre".


Ce que doit faire un hôte accompagné d'une tierce personne non conviée et recommandation à l'amphitryon de recevoir cette tierce personne

3797. Abou Mas'ûd Al-Ansâri (رضي الله عنه) a dit : Un homme des 'Ansâr, connu sous le nom de Abou Chu'ayb, avait un servant qui travaillait comme boucher. Un jour, cet homme rencontra le Prophète (صلى الله عليه و سلم) et s'aperçut de son visage qu'il avait faim. Il alla aussitôt trouver son serviteur et lui dit : "Prépare-nous un repas pour cinq personnes, car je compte inviter le Prophète (صلى الله عليه و سلم) qui sera le cinquième des cinq". Il invita l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) qui fut le cinquième convive. Un homme les ayant suivis, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) dit : "Cet homme nous a suivis bien qu'il ne fût pas invité. Si tu veux, permets-lui d'entrer avec nous; sinon, qu'il nous quitte?". - "Qu'il entre, ô Envoyé d'Allâh", répondit Abou Chu'ayb.

 


Au cas du consentement indubitable de l'hôte, il est permis à un invité d'amener avec lui quelqu'un au repas. Recommandation de prendre le repas en groupe

3800. Jâbir Ibn 'Abdoullâh (رضي الله عنهما) a dit : Pendant qu'on creusait le Fossé, je remarquai que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) souffrait vivement de la faim. Je me rendis aussitôt auprès de ma femme et lui dis : "As-tu quelque chose à manger? Je viens de remarquer que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) souffrait vivement de la faim". Elle me sortit un sac contenant un sâ' (8 poignées) d'orge; et, comme nous avions un petit mouton élevé à la maison, je l'égorgeai, pendant qu'elle s'occupait à moudre l'orge. Elle acheva sa besogne en même temps que la mienne, je découpai alors le mouton et le mis dans la marmite; puis comme j'allai retourner vers l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم), ma femme me dit : "Surtout ne m'embarrasse pas devant l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) et ceux qu'il amènera avec lui (c.-à-d. n'invite pas un grand nombre de gens avec lui pour que la nourriture leur suffise)". Arrivé auprès de lui, je le pris à part et lui dis : "Ô Envoyé d'Allâh, nous avons égorgé un petit mouton que nous avions et avons préparé de la farine avec un sâ' d'orge que nous possédions, viens et amène quelques (de trois à dix) personnes avec toi". Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) s'écria alors : "Eh! Les gens du Fossé, Jâbir vous a préparé un banquet, venez et dépêchez-vous". Puis, s'adressant à moi : "Ne retirez pas, me dit-il, votre marmite du feu et ne pétrissez pas votre pâte avant que je sois arrivé". Je rentrai chez moi et l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) y arriva, précédant la foule. - "Qu'as-tu fait?", s'écria ma femme en voyant cette foule. - "J'ai fait ce que tu m'avais dit de faire", lui répondis-je. Puis, elle apporta la pâte au Prophète qui cracha dessus; il bénit ensuite la pâte et allant vers la marmite il y cracha également; puis, l'ayant bénite, il dit à ma femme : "Appelle une boulangère pour qu'elle fasse le pain avec toi et prends du bouillon de la marmite sans la retirer du feu". "Il y avait là mille convives et, je jure par Allâh, ils mangèrent à satiété et partirent en laissant encore des vivres; alors que notre marmite bouillait toujours, son contenu n'ayant point diminué et la pâte avec laquelle nous faisions le pain - comme Ad-Dahhâk l'a dit - n'avait pas diminué de volume".


3801. D'après Anas Ibn Mâlik (رضي الله عنه), Abou Talha dit à 'Umm Sulaym : "Je viens d'entendre l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) parler d'une voix affaiblie, je vois qu'il souffre de la faim. As-tu quelque chose (à manger) par-devers toi?". - "Oui", répondit-elle. Et alors elle fit sortir quelques pains d'orge; les enveloppa dans l'un de ses voiles, puis, plaça le tout sous ma tunique et le fixa à mon bras à l'aide du reste de sa voile. Elle m'envoya ensuite vers l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم). Je partis avec ces pains et trouvai l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) dans la mosquée, entouré des fidèles. Comme je restai debout devant l'assistance, l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) me demanda si c'était bien Abou Talha qui m'envoyait. - "Oui", repris-je. - "Pour un repas?" ajouta-t-il. - "Oui", repris-je. Alors, s'adressant à ceux qui étaient avec lui, l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) dit : "Partons". Il se mit aussitôt en marche et je le précédai. Arrivé chez Abou Talha, je lui fis part de ce qui arrivait. - "Ô 'Umm Sulaym, dit Abou Talha, voici l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) qui arrive avec du monde et nous n'avons pas de quoi les nourrir". - "Allâh et Son Envoyé savent mieux que personne (ce qui doit arriver)", me répondit-elle. Abou Talha se porta à la rencontre de l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم). Puis l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم), accompagné de son amphitryon, arriva et dit : "Allons, 'Umm Sulaym, apporte-nous ce que tu as". Elle servit ces mêmes pains (qu'elle lui avait déjà destiné) et l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) donna ordre de les émietter. Puis 'Umm Sulaym pressa une outre de graisse et assaisonna les miettes. Après avoir prononcé sur ce plat les paroles qu'Allâh voulut lui faire dire, l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) ajouta : "Fais entrer dix de mes compagnons". L'invitation fut faite; ces dix personnes mangèrent de façon à être repues et sortirent ensuite. - "Fais-en entrer dix autres", reprit-il. L'invitation fut faite; ces dix autres mangèrent, se rassasièrent et sortirent. - "Fais-en entrer encore dix", ajouta-t-il. L'invitation fut faite; ils mangèrent, se rassasièrent et sortirent. Enfin, tout le monde mangea et se rassasia. Il y avait soixante-dix personnes - ou suivant une variante - quatre-vingts.


Il est permis de prendre la sauce, de manger les calebasses. L'altruisme entre les convives est recommandé si l'amphitryon ne le trouve pas répugnant

3803. D'après ‘Anas Ibn Mâlik (رضي الله عنه), un couturier invita le Prophète (صلى الله عليه و سلم) à manger d'un mets qu'il avait préparé. J'allai avec le Prophète (صلى الله عليه و سلم), poursuivit Anas, et le tailleur présenta au Prophète du pain d'orge et un potage dans lequel il y avait des courges et de la viande séchée. Je vis l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) rechercher les morceaux de courge tout autour du plat.

 

Le fait de manger du concombre avec des dattes fraîches et mûres

3806. 'Abdoullâh Ibn Ja'far (رضي الله عنه) a dit : "J'ai vu l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) manger des dattes fraîches avec du concombre".



Recommandation de garder une allure modeste en prenant un repas

3807. D'après Anas Ibn Mâlik (رضي الله عنه), J'ai vu le Prophète (صلى الله عليه و سلم) manger des dattes, en étant assis ayant les jambes étendues.



Interdiction à celui qui mange en groupe de faire des bouchées de deux dattes (ou autres) à moins que permission ne soit prise (soit des voisins de table, soit de l'hôte)

3809. D'après Ibn 'Omar (رضي الله عنهما), Jabala Ibn Suhaym a dit : Ibn Az-Zubayr nous donnait des dattes durant la famine que nous avions. Alors que nous mangions, Ibn 'Omar passa près de nous et dit : "Ne mangez pas deux dattes à la fois, car le Prophète (صلى الله عليه و سلم) l'interdit, à moins que permission ne soit prise (soit des voisins de table, soit de l'hôte)".


Mérite des dattes de Médine

3813. D'après Sa'd (رضي الله عنه), l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) a dit : "Quiconque mange, chaque matin, sept dattes de ses deux plaines (couvertes de pierres noires), ne sera pas atteint d'aucun poison jusqu'au soir".



La truffe est un remède pour les yeux

3816. D'après Sa'îd Ibn Zayd Ibn 'Amr Ibn Nufayl (رضي الله عنه) : J'ai entendu le Prophète (صلى الله عليه و سلم) dire : "La kam'a (un des noms de la truffe blanche) est une sorte de manne (nourriture miraculeuse envoyée aux enfants d'Israël dans le désert, en ce sens que cela vient sans être cultivé); son suc est un remède pour les yeux".



Supériorité de "l'arak" noir

3822. Jâbir Ibn 'Abdoullâh (رضي الله عنهما) a dit : Nous étions avec le Prophète à Marr Az-Zahrân en train de cueillir des Kabâths (les fruits d'arak mûrs). - "Choisissez les noirs, s'écria l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم), ce sont les meilleurs". - "Ô Envoyé d'Allâh, alors, lui dit-on, il paraît que tu as gardé les moutons". - "Oui, nous répondit-il, y a-t-il un prophète qui ne les ait pas gardés?".



Le fait de donner hospitalité à l'hôte

3829. D'après Abou Hourayra (رضي الله عنه), un homme vint trouver l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) et lui dit : "J'ai très faim". Le Prophète envoya (demander) à l'une de ses femmes de quoi lui donner à manger, elle lui répondit : "Par Celui qui t'a envoyé par la Vérité, nous n'avons absolument rien sinon de l'eau". Comme il envoya (demander) à une autre, il reçut toujours la même réponse : "Je n'ai que l'eau". Il reçut cette même réponse de toutes ses femmes. Puis, le Prophète s'adressa aux fidèles : "Celui qui accordera l'hospitalité à cet homme cette nuit, Allâh lui fera miséricorde". Un homme des 'Ansâr se leva alors et dit : "Moi, Envoyé d'Allâh". Puis il emmena l'homme dans sa demeure et dit à sa femme : "As-tu quelque chose à manger?" Elle lui répondit : "Nous n'avons rien autre que le souper de nos enfants". Il lui dit alors : "Occupe-les par un moyen quelconque, et quand notre hôte entrera, éteints la lumière et fais-le croire que nous mangeons et lorsqu'il commencera à manger éteints la lampe". Cet homme des 'Ansâr s'assit avec sa femme et l'hôte prit son repas. Le lendemain matin, quand l'homme des 'Ansâr alla trouver le Prophète (صلى الله عليه و سلم), celui-ci lui dit : "Allâh a admiré la façon dont vous avez traité votre hôte cette nuit".

3832. D'après 'Abdourrahmân Ibn 'Abî Bakr (رضي الله عنه), Nous étions cent trente personnes avec le Prophète (صلى الله عليه و سلم), il nous dit : "Y a-t-il quelqu'un d'entre vous qui a de la nourriture?". Or il se trouva qu'un homme en avait un sâ' (mesure de 8 poignées de grandeur moyenne) ou presque une quantité équivalente de farine qu'on fit pétrir. A ce moment, arriva un polythéiste, de haute stature et aux cheveux ébouriffés; il conduisait un troupeau de moutons. - "A vendre ou à faire cadeau - ou suivant une variante à faire donation?", lui demanda le Prophète (صلى الله عليه و سلم). - "Non, à vendre", répliqua l'homme. Le Prophète acheta de lui une brebis qu'on prépara; puis l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) ordonna d'en faire rôtir le foie. Le rapporteur poursuivit : "J'en jure par Allâh, il n'y eut pas un seul de ces cent trente hommes à qui l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) n'offrit un morceau de ce foie rôti. On servit un morceau à chacun de ceux qui étaient présents et on mit en réserve la part des absents. On fit remplir deux grands plats, nous en mangeâmes jusqu'à la satiété et il resta encore une part dans les deux plats, que je chargeai sur le chameau. Tel était le récit (ou quelque chose d'approchant)".

3833. D'après 'Abdourrahmân Ibn 'Abî Bakr (qu'Allâh soit satisfait Des deux), (Ceux qu'on appelait) les gens de la Suffa étaient des gens pauvres et l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) dit un jour : "Que celui qui a de la nourriture pour deux personnes, emmène une troisième; et que celui qui a de la nourriture pour quatre personnes, emmène une cinquième ou une sixième ou quelque chose d'approchant". Abou Bakr emmena alors trois personnes tandis que l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) emmena dix convives. Les trois qu'emmena Abou Bakr furent, dit 'Abdourrahmân, moi, mon père et ma mère, - Je ne sais pas, ajouta le rapporteur, s'il n'a pas ajouté : "Ma femme et mon serviteur qui faisait le service de notre maison et de celle de Abou Bakr" - Abou Bakr dîna avec l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) puis resta (dans un coin de la mosquée) jusqu'à ce qu'il fît la prière de 'ichâ (du soir); puis il revint (à sa place de retraite dans la mosquée) jusqu'à ce que l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) fût endormis. Ensuite il rentra chez lui après qu'il se fut écoulé de la nuit telle partie qu'Allâh voulut. - "Qu'est-ce qui t'a retenu loin de tes hôtes? - ou suivant une variante - de ton hôte", lui demanda sa femme. - "Ne leur as-tu donc pas servi le souper?", répondit Abou Bakr. - "Ils ont refusé de manger avant que tu ne fusses de retour", reprit-elle. - "On leur a vainement servi les mets; ils ont résisté". Comme j'allai me cacher, ajoute 'Abdourrahmân, Abou Bakr me dit : "Scélérat!" Et il me menaça et m'injuria. Puis (s'adressant aux hôtes), il leur dit : "Mangez bien que le repas ne soit pas bon (maintenant). Quant à moi je n'en mangerai jamais (pensant qu'il n'y avait pas assez pour les invités et pour la famille, Abou Bakr injure son fils pour le manquement à l'hospitalité aux invités, et jure de ne pas manger)". Alors, j'en jure par Allâh, nous n'avions pas pris une bouchée de mets, qu'il en sortait de dessous une quantité plus grande et, quand tout le monde fut rassasié, le plat était mieux garni qu'auparavant. Voyant qu'il en restait autant, sinon plus, Abou Bakr dit à sa femme : "Ô sœur des Banû Firâs!, que se passe-t-il donc?". - "Je l'ignore, répondit-elle, je le jure par (Celui qui a crée) la fraîcheur de mon œil! Mais il y a maintenant trois fois autant de mets qu'il y en avait auparavant". Abou Bakr, goûtant alors de ce mets, dit : "C'est le diable seul qui m'avait poussé à cela, c'est-à-dire à jurer (que je n'en mangerai pas)". Après avoir avalé une bouchée, il porta le plat chez l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) où il resta jusqu'au matin. A ce moment expirait une trêve que nous avions conclue avec une tribu. Nous répartîmes (leur délégation) sous douze décurions de chez eux (pour représenter leurs contribuables), chacun d'eux ayant avec lui un certain nombre d'individus dont Allâh sait mieux que personne le nombre. Quoi qu'il en soit, le Prophète leur envoya de ce mets et ils en mangèrent tous, dit 'Abdourrahmân; ou comme il l'a dit.



Egalité du partage des aliments. La nourriture de deux suffit à trois...

3835. D'après Abou Hourayra (رضي الله عنه), l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) dit : "Un repas pour deux personnes suffit à trois personnes et un repas pour trois personnes suffit à quatre personnes".



Le Croyant mange dans un seul intestin et l'impie mange dans sept

3839. D'après Ibn 'Omar (رضي الله عنهما), "Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : "L'infidèle mange dans sept intestins tandis que le Croyant mange dans un seul intestin".

3842. D'après Abou Moûsa (رضي الله عنه), le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : "Le Croyant mange dans un seul intestin et l'infidèle mange dans sept intestins".



Interdiction de réfuter un mets

3844. Abou Hourayra (رضي الله عنه) a dit : "Jamais l'Envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) ne dit de mal d'un mets; s'il l'aimait, il en mangeait; s'il ne l'aimait pas, il le laissait".

 

 

 

Publié dans Sahîh Mouslim

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